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'Crise forestière : une autre réponse mal adaptée'

Crise forestière : une autre réponse mal adaptée - 19 mai 2009





En avril, Ottawa et Québec mettaint sur pieds l’« équipe spéciale Québec-Canada ». Son mandat ? Sortir le secteur forestier de la crise qu’il traverse depuis plus de quatre ans. Alors qu’Ottawa tardait à assumer ses responsabilités dans le dossier, le gouvernement fédéral a accepté de contribuer à la même hauteur que Québec ; les deux paliers de gouvernement investiront chacun 100M$ pour soutenir l’industrie forestière au Québec. L’équipe spéciale arrivait finalement à une entente, le 15 mai : 200M$ seront investis.

À la lumière de cette annonce, le Parti Québécois décèle déjà des lacunes importantes. Le Programme d’aide aux propriétaires de machinerie forestière et aux transporteurs de bois rond doit être revu et bonifié. Ce [programme de 25 M$, annoncé par le ministre Claude Béchard, vise à prendre en charge une partie des frais d’intérêts sur le financement de la machinerie et des équipements.

Cependant, « le gouvernement libéral a exclu volontairement plusieurs entrepreneurs forestiers en refusant de donner au programme une portée rétroactive. En plus, l’aide financière cesse sitôt que l’entrepreneur reprend ses activités. Or, on sait que pour plusieurs entrepreneurs, le retour au travail ne signifie pas des entrées d’argent immédiates parce qu’ils sont rémunérés à la fin des contrats », a indiqué Denis Trottier, député de Roberval et porte-parole de l’opposition officielle en matière de forêt et de mines.

Le gouvernement libéral est déconnecté de la réalité terrain de la crise forestière. « Les propriétaires de machineries forestières et les transporteurs de bois rond reprendront possiblement le travail au courant de la semaine prochaine. Les formulaires de demande du programme ne seront même pas encore imprimés que plusieurs entrepreneurs ne seront plus éligibles ! Encore une mesure où on annonce beaucoup d’argent, mais qui ne coûtera pas grand-chose parce qu’elle est mal adaptée ! », déplore M. Trottier.

Pour sa part, Sylvain Pagé, député de Labelle et porte-parole en matière de développement régional, se questionne sur l’à-propos du programme qui ne vise que les transporteurs de bois rond et les propriétaires de machineries forestières. « Qu’est-ce qui se passe pour un entrepreneur qui transporte du bois transformé ou scié ? Il ne reçoit rien et fait pourtant partie intégrante de la chaîne de travail en forêt. Qui plus est, pourquoi le programme ne s’applique pas non plus aux fournisseurs de services à qui Abitibi-Bowater doit de l’argent ? »

Le Parti Québécois demande donc au gouvernement libéral que le programme soit modifié afin que tous les entrepreneurs forestiers, y compris les propriétaires de forêts privées, puissent enfin recevoir un peu d’oxygène, sans discrimination.

D’autres annoncent doivent suivre avant la fin du mois de juin. Mais comme le dit lui-même le ministre Béchard, les annonces de la semaine dernière proposent certes de l’argent neuf mais ne sont que l’extension de programmes qui existent déjà et... qui ne comblent pas tous les besoins. Est-ce vraiment le chantier dont on a besoin ?

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