Le bilan des libéraux en santé est « désastreux, un échec sur toute la ligne », affirme Pauline Marois - 26 mai 2009
En 2003, l’actuel chef du Parti libéral avait promis d’éliminer l’attente dans le domaine de la santé. Jean Charest avait même proposé un pacte à la population : « Je dis aux Québécois : faites-moi confiance, je vais remettre sur pied le système de santé. Jugez‑moi sur ces résultats. Et si je n’y arrive pas, vous saurez quoi faire ! » Or, force est de constater que le pacte entre Jean Charest et la population est brisé. Il a bafoué tous ses engagements !
Attendre encore plus longtemps qu’avantEn effet, les données du ministère de la Santé et des Services sociaux parues dans La Presse, confirment hors de tout doute que le délai moyen de séjour sur une civière à l’urgence en 2008-2009 est maintenant de 17,1 heures. Il s’agit là d’une hausse de 5,56 % depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir. « Le seul exploit de ce gouvernement aura été de réussir à allonger le délai d’attente dans les urgences, et ce, malgré des engagements électoraux qui visaient même jusqu’à l’éliminer complètement », a déploré la chef de l’opposition officielle, Pauline Marois. Ces données démontrent de surcroît que le temps d’attente ne cesse de s’allonger. Le Parti Québécois rappelait récemment les belles paroles du ministre Bolduc. Alors qu’il acceptait les fonctions de ministre de la Santé, le docteur affirmait sans modestie : « Il faut s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup d’améliorations dans le réseau de la santé. […] Mon expertise est reconnue dans la gestion des délais et des listes d’attente. » Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé et député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, soulignait alors que les délais d’attente sont plus longs et que les unités de débordement débordent et se multiplient ! Déjà, pendant la campagne électorale, M. Drainville faisait la lumière sur les mensonges libéraux en santé sur les délais d’attente accrus. Le bilan était déjà désastreux et n’a qu’empiré ! Les libéraux n’ont proposé aucune solution, outre la présence croissante du privé en santé, contrairement au Parti Québécois qui mettait déjà de l’avant des solutions concrètes.
Qui soigne nos aînés ?Pauline Marois se désole également du mutisme qui persiste actuellement dans le dossier soulevé par La Presse, la semaine dernière, intitulé « Qui soigne nos aînés », et encore ce matin par la Protectrice du citoyen, au sujet du manque de formation des préposés qui soignent les aînés en CHSLD et résidences privées du Québec. La Protectrice du citoyen est formelle, il faut mettre en place une structure de mise à niveau de la formation. Faire des choix n’est pas toujours facile, mais le gouvernement libéral doit établir ses priorités : des clowns ou la qualité des soins à nos aînés ? Poser la question, c’est y répondre ! La chef de l’opposition officielle est formelle : « On ne peut pas laisser les personnes les plus vulnérables souvent en perte d’autonomie à des personnes ne possédant pas la formation appropriée pour poser des gestes d’assistance et pour administrer des médicaments ». Les libéraux tardent à agir.
Un autre dérapage : l’informatisation des dossiers de santéLe Parti Québécois s’inquiète aussi du peu de sérieux avec lequel le ministre de la Santé, Yves Bolduc, traite le dérapage financier du Dossier Santé Québec (DSQ), tel que l’indique le rapport du Vérificateur général du Québec déposé à l’Assemblée nationale. « Ça fait des mois que j’interpelle le ministre de la Santé, Philippe Couillard à l’époque et maintenant Yves Bolduc, de se saisir du DSQ. C’est un projet majeur et essentiel pour l’efficacité de notre système de santé. Or, les Québécois risquent de payer deux fois plus cher la facture totale parce que le gouvernement libéral n’a pas fait le suivi nécessaire », a déclaré Bernard Drainville. En novembre 2006, le Parti Québécois avait sonné l’alarme, informé que le projet allait subir d’importants dépassements de coûts. Le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Couillard, avait affirmé qu’il s’agissait d’un « pétard mouillé ». Pourtant, en mars 2008, le vérificateur déposait un rapport dans lequel il formulait des recommandations pour aider le gouvernement à peut-être atteindre ses objectifs, irréalistes. Dans son rapport déposé jeudi dernier, il affirme que « la moitié des recommandations formulées en mars 2008 n’ont pas été suivies de façon satisfaisante ». Et le ministre Bolduc a l’audace de contredire le Vérificateur général qui prévient que le projet, devant initialement coûter 560 M$, dépassera 1 G$. Oui, Yves Bolduc nie tout problème et ose indiquer que le projet serait livré avec trois à cinq années de retard et que le projet pourrait même coûter… moins cher ! Comment est-ce possible, alors que « le DSQ est un projet pharaonique qui intègre une douzaine de projets. Tous sont en retard - jusqu’à trois ans dans certains cas (... et que) ce sont en majorité des consultants externes qui gèrent les projets ». « Tous les clignotants se sont allumés au fil des ans, mais les ministres de la Santé ont préféré fermer les yeux. Aujourd’hui, le constat est clair et accablant pour Yves Bolduc : la négligence libérale coûte de plus en plus cher aux Québécois. Quand cela va-t-il cesser ? Quand va-t-il cesser de nier le problème pourtant identifié par le Vérificateur général ? », a conclu Bernard Drainville.
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