Communiqué 
-  14 août 2012

S'affirmer : Pauline Marois s'engage à adopter des règles claires pour encadrer les accommodements raisonnables

Trois-Rivières - La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, s'engage à adopter une charte québécoise de la laïcité afin d'avoir des règles claires pour bien vivre ensemble. « Depuis 2006, les accommodements raisonnables pour motifs religieux ont souvent occupé le devant de la scène médiatique et fait l'objet de débats animés et parfois même houleux au sein de la population québécoise. Le gouvernement libéral n'a rien fait. Il n'a adopté aucune règle claire pour répondre aux demandes d'accommodements religieux au sein du gouvernement ainsi que dans les réseaux de l'éducation et de la santé. Nous allons y remédier », a-t-elle assuré.

Un gouvernement péquiste élaborera une charte québécoise de la laïcité dans les services publics. Cette charte stipulera que le Québec est un État laïque, neutre par rapport aux croyances ou non-croyances des uns et des autres en matière de religion. La liberté de religion ne pourra être invoquée pour enfreindre le droit à l'égalité entre les femmes et les hommes ou le bon fonctionnement des institutions publiques et parapubliques. Les agents de la fonction publique et parapublique devront s'abstenir de porter, dans l'exercice de leurs fonctions officielles, tout signe religieux ostensible. La charte de la laïcité permettra enfin aux tribunaux de pouvoir interpréter le droit en fonction d'un texte de référence et non en fonction d'une jurisprudence établie au cas par cas.

« Les Québécois veulent des règles claires. Une personne ne pourra pas refuser par exemple de se faire servir par une personne de sexe opposé dans les services publics. Nous devons protéger nos valeurs par respect pour notre histoire et par respect pour ceux qui ont choisi le Québec comme terre de liberté où la religion n'intervient pas dans les affaires publiques, a expliqué Pauline Marois. Nous voulons que les Québécois de toutes origines se rencontrent, apprennent à se connaître et à vivre ensemble. Nous voulons une société "métissée serrée"! ».

« Affirmer la laïcité ne veut surtout pas dire que l'État interdira les religions. Nous respectons toutes les croyances. D'ailleurs, la laïcité protège tout autant la liberté de croire que celle de ne pas croire. Un État laïque doit s'appuyer sur le strict respect de la liberté de conscience, qui implique aussi le fait de ne pas croire », a ajouté la chef du Parti Québécois.

« Ce débat ne concerne pas seulement les personnes qui viennent d'ailleurs et qui ont décidé de vivre chez nous, ce dont nous sommes particulièrement heureux. Ce débat de société nous concerne tous. Nous n'avons pas à nous excuser d'être ce que nous sommes. Il n'est pas question de toucher à certaines traditions qui font partie de notre héritage, comme celle du sapin de Noël. Nous sommes un des peuples les plus tolérants et les plus ouverts de la planète, mais nous voulons que nos valeurs, comme l'égalité entre les femmes et les hommes, soient pleinement respectées par tous », a-t-elle affirmé.

« Les Québécois sont ouverts et fiers d'accueillir des gens de partout dans le monde. Toutefois, nous tenons à conserver notre identité, notre langue, nos institutions et nos valeurs. Malheureusement, dans ce dossier comme dans bien d'autres, le gouvernement libéral s'est traîné les pieds. Il n'a pas fait le travail qu'attendaient les Québécois de leur premier ministre », a-t-elle déploré, en rappelant que la commission Bouchard-Taylor, qui devait apporter des solutions à ces problèmes, n'a strictement rien donné. Le rapport a été tabletté.

« Les valeurs québécoises ne sont pas négociables. Nous n'avons pas à nous excuser d'être ce que nous sommes. Arbitrer les accommodements raisonnables ne devrait pas être le travail des fonctionnaires. C'est au gouvernement du Québec de fixer des balises claires et nous le ferons », a conclu Pauline Marois.