Communiqué 
-  25 avril 2017

Crise du bois d’œuvre - Après des mois d’inaction, le gouvernement annonce un programme inadapté à la situation

Québec, le 25 avril 2017 – Alors que les États-Unis annoncent l’imposition de droits compensatoires sur le bois d’œuvre canadien, le porte-parole du Parti Québécois en matière de forêts, Sylvain Roy, prend acte de l’annonce du gouvernement du Québec pour le secteur forestier, mais demeure prudent quant à l’efficacité réelle du programme ESSOR. Les porte-parole en matière de relations Québec-Canada, Nicolas Marceau, et de relations internationales, Stéphane Bergeron, déplorent quant à eux l’inaction du gouvernement Trudeau dans ce dossier.

EN BREF

- Le Parti Québécois demandait un programme de garanties de prêt depuis des mois pour aider le secteur forestier.
- Le diable est dans les détails; nous allons surveiller avec attention les critères d’admissibilité pour s’assurer que l’aide se rende vraiment à bon port.
- L’opposition officielle déplore la mollesse du gouvernement Trudeau lorsqu’il est question de défendre le secteur forestier québécois.

« On ne peut que se désoler profondément de la décision des États-Unis qui, en plus des effets désastreux qu’elle aura sur les exportations, va créer un déséquilibre dans notre propre marché domestique, en pénalisant certains plus que d’autres, et ce, de façon totalement arbitraire. Mais si cet aspect de la décision est inédit, et très fâcheux, personne n’est vraiment surpris. Ce conflit perdure depuis des années, et cela fait des mois qu’on pouvait en anticiper le résultat. Force est de constater que le gouvernement libéral n’a pas su mettre ce temps à profit », a indiqué Stéphane Bergeron.

« Après des mois à tergiverser, après des mois d’inaction, après son échec à défendre les intérêts des travailleurs de la forêt auprès du gouvernement fédéral, après des mois à refuser de s’engager, ou à s’engager mais à ne rien faire de plus, le gouvernement du Québec annonce finalement aujourd’hui un programme d’aide pour l’industrie forestière. Or, ESSOR sera-t-il vraiment efficace? Ce programme vise à soutenir des projets d’expansion et d’investissement, alors que les entreprises touchées par la crise forestière seront en mode survie », se demande, de son côté, Sylvain Roy.

Le Parti Québécois exige que soient rendus publics tous les détails sur les conditions d’admissibilité au programme. « La dernière fois que le gouvernement libéral a mis en place un programme de garanties de prêt – le programme Renfort, en 2008 –, ce fut un véritable cauchemar pour les entreprises. Elles n’arrivaient pas à se qualifier en raison des critères d’admissibilité trop restrictifs », a ajouté le porte-parole.

Les gouvernements, tant à Québec qu’à Ottawa, ont échoué à défendre nos intérêts « Nous l’avons constaté lors du dépôt du budget, et de nouveau le 6 avril dernier, lors de la bien triste sortie du ministre des Forêts, qui avouait son échec à représenter les Québécois face au gouvernement fédéral : dans le dossier du bois d’œuvre, le gouvernement du Québec a, jusqu’ici, été incapable de défendre les intérêts du Québec auprès d’Ottawa! », a souligné Nicolas Marceau.

« Pour sa part, hier, devant le constat qu’il y aurait imposition de droits compensatoires, le gouvernement de Justin Trudeau a enfin affirmé qu’il "défendra[it] vigoureusement les intérêts de l’industrie canadienne du bois d’œuvre résineux, y compris en recourant aux tribunaux". Cette citation est tirée du communiqué des ministres Jim Carr et Chrystia Freeland. Vous pouvez être certains que le Parti Québécois n’oubliera pas cet engagement », a par ailleurs assuré le député.