Discours d'ouverture du chef du Parti Québécois au XVIIe congrès national

Jean-François Lisée

Chef du Parti Québécois, député de Rosemont

vendredi 8 septembre, 2017

La version lue fait foi.

J’aimerais d’abord offrir notre solidarité et notre soutien aux victimes des ouragans dans les Antilles et aux États-Unis.

Quand j’ai pris, pour la première fois, ma carte du Parti Québécois, je savais, comme vous tous, que je devenais membre d’un parti pas comme les autres. Mais vraiment pas comme les autres.

D’autres partis veulent seulement gouverner. Nous sommes plus ambitieux et plus généreux. Nous voulons que les Québécoises et les Québécois se gouvernent eux‑mêmes. Ça fait toute la différence.

Parce qu’être au PQ, c’est d’abord affirmer que les Québécois sont quelque chose comme un grand peuple. C’est le sentir dans sa tête, dans son cœur et dans ses tripes.

Ce n’est pas seulement croire, c’est savoir que les femmes et les hommes d’ici ont les ressources, le talent, l’audace et la sagesse d’être maîtres de leur destin.

Le PLQ et la CAQ veulent que le Québec reste dans le Canada pour l’éternité. Ils trouvent ça normal que le Québec demande en vain des permissions au Canada, pour toujours.

Ils trouvent ça normal que le Québec plaide en vain pour un droit de faire les choses autrement, pour toujours.

Ils s’accommodent qu’on réclame en vain notre juste part d’investissements, de reconnaissance et de respect, pour toujours. 

Pas nous. Nous, on ne trouve pas ça normal. Franchement, nous, on le prend pas. On a trop de respect pour les gens d’ici pour trouver normal de se faire dire non, qu’on n’a pas le droit, qu’on peut pas.

Nous aimons trop le Québec pour penser qu’il est condamné à rester la minorité dérangeante de la nation voisine.

Nous, dans cette salle, et tous ceux qui nous écoutent ce soir et qui partagent nos convictions, voyons en l’indépendance une grande porte qu’on ouvre sur l’avenir.

Une fois cette porte franchie, le Québec pourra offrir sa contribution aux autres nations progressistes du monde. Imaginez le temps perdu, depuis 20 ans, à faire le tour des rencontres sur le climat seulement pour expliquer que nous n’étions pas d’accord avec le Canada. Indépendant, le Québec aurait au contraire fait partie de la grande coalition des pays qui voulaient agir pour le bien de la planète. Nous aurions ajouté notre voix aux autres, quand ça comptait, là où ça comptait. Et ça va compter encore, demain et après‑demain.

Les analystes étrangers, comme récemment dans le quotidien The Guardian, découvrent que derrière son image moderne, Justin Trudeau défend autant les sables bitumineux que le faisait Stephen Harper. Il semble seulement plus habile à vendre ce pétrole le plus polluant au monde. Et c’est lui, Justin Trudeau, l’ami des pétrolières, qui va nous représenter lors des prochaines étapes de la lutte contre le réchauffement? Moi, j’ai hâte que le Québec parle de sa propre voix. De sa voix verte.

Les paradis fiscaux, c’est un autre enjeu crucial. Plus nous allons les fermer, plus les nations pourront retrouver leurs revenus, mieux on pourra répondre aux besoins de nos citoyens, mieux on luttera contre les inégalités. Ces derniers mois, le Parti Québécois, l’Assemblée nationale unanime et, à Ottawa, le Bloc Québécois ont tenté de forcer Justin Trudeau à fermer des paradis fiscaux. Il a refusé. Et juste après il en a ouvert un autre, aux Îles Cook. Aux discussions internationales contre les paradis fiscaux, ce n’est pas Justin Trudeau, l’ami des paradis, qui devrait parler en notre nom; c’est un Québec souverain.

L’indépendance, c’est une porte où entrent enfin dans la lumière l’estime de soi, la responsabilité, la liberté, la vraie présence au monde.

 

Mille autres changements

Et c’est parce que le Parti Québécois incarne ce changement historique qu’il est aussi l’instrument de mille autres changements qui ont transformé le Québec pour le mieux.

S’il y a aujourd’hui au Québec des congés parentaux généreux, l’équité salariale pour les femmes, la perception automatique des pensions alimentaires, c’est que des millions de gens ont voté pour le Parti Québécois. Et c’est parce qu’une femme remarquable a consacré sa vie à embellir la vie familiale, Pauline Marois.

Si vous pensez que le grand réseau des services de garde créé par le Parti Québécois doit redevenir accessible avec un tarif unique et doit offrir encore plus de places de qualité pour nos enfants, alors vous partagez l’avis du Parti Québécois.

Si vous croyez que la rentrée scolaire ne doit plus être un gouffre financier, si vous pensez que l’éducation doit être la priorité permanente de la nation, alors vous partagez les valeurs du Parti Québécois.

Voulez-vous savoir pourquoi chaque citoyen québécois, quel que soit son revenu, est mieux protégé que ses voisins d’Amérique du Nord, avec l’assurance automobile, l’assurance médicament, la Loi sur la protection du consommateur, la Loi sur la santé et la sécurité du travail, des normes du travail plus généreuses, en particulier pour les femmes enceintes? C’est parce que des millions de gens ont fait confiance aux propositions du Parti Québécois.

Et si vous voulez que demain, le Québec coupe les ponts avec les paradis fiscaux, fasse reculer la fraude et le favoritisme, si vous voulez davantage de justice sociale, et un salaire minimum à 15 $, alors vous vous apprêtez à voter pour le Parti Québécois.

En entrant au Parti Québécois, je savais que son fondateur, René Lévesque, avait fait de la lutte contre la corruption et le financement occulte du Parti libéral une de ses plus grandes batailles. Nous avons été fidèles à ce combat. Pendant les années Charest, nous avons réclamé avec force un nouveau grand ménage. Au pouvoir, le gouvernement de Pauline Marois a mis les bouchées doubles pour assainir de nouveau le financement politique des partis, y compris au municipal. On ne dit pas assez comment nous avons tenu tête aux grandes entreprises de construction et d’ingénierie pour les obliger à se soumettre à un grand nettoyage. Pendant les années Couillard, nous avons continué à creuser dans les soubassements d’une culture libérale de copinage et de bizarres comptes en Suisse et aux Bahamas.

Au cours des 40 dernières années, sous quels gouvernements le Québec a‑t‑il connu sa plus forte croissance économique? Sous ceux du Parti Québécois, et de loin. Et même, en moyenne, sur les 40 ans. Alors, oui, le PLQ est excellent aux relations publiques, aux formules ronflantes. Le Plan Nord, la Stratégie maritime, les vraies affaires, les deux mains sur le volant, la qualité n’est pas un obstacle aux bas prix, le parti de l’économie. Mais c’est du vent. (Ah, on me signale qu’il y a un de ces slogans qui n’était pas du PLQ, mes excuses.)

Savez-vous pourquoi des entreprises qui étaient de taille moyenne, comme Cascades, Bombardier, CGI, sont devenues des géants internationaux? C’est parce que le Parti Québécois a incité les épargnants à leur faire confiance, avec le Régime d’épargne-actions de Jacques Parizeau.

Savez-vous pourquoi le Québec est un des lieux mondiaux de la haute technologie? Des jeux vidéo, à l’optique, à la santé personnalisée et tout le reste? C’est parce que le Parti Québécois a été le précurseur des crédits d’impôt pour la recherche et le développement en entreprise. Il fallait voir la guerre que menaient les libéraux contre les projets de Bernard Landry sur la nouvelle économie. De l’argent gaspillé!, disaient-ils. Aujourd’hui, ils font semblant que c’était leur idée.

Les Fonds de développement d’entreprises en région, le Fonds de solidarité et Fondaction – des syndiqués qui investissent dans des entreprises, du jamais‑vu –, la reconnaissance et la promotion de l’économie sociale : ce sont toutes des réalisations du Parti Québécois. Toutes des avancées contre la culture libérale du laisser-faire et du laisser-aller.

Nous sommes le parti du nationalisme économique et de l’entrepreneuriat québécois. Contrairement au PLQ, nous allons protéger nos sièges sociaux stratégiques et on ne laissera pas partir nos Rona. Le PLQ a choisi d’investir 6 milliards dans le REM à Montréal et de demander, tenez‑vous bien, en achat local : 0 %. De l’autre côté de la frontière, aux États-Unis, ils demandent 60 %. Pour défendre notre économie, le gouvernement Couillard n’a pas la note de passage.

Un gouvernement du Parti Québécois favorisera l’achat local, partout où c’est possible, dans le transport, dans l’agriculture, dans les villes et les régions. Les autres pays industrialisés le font, dans le respect des accords internationaux. Qu’est-ce qu’on attend pour avoir autant le sens des affaires que nos compétiteurs?

Chaque gouvernement du Parti Québécois a accompagné la relève entrepreneuriale. C’était la « garde montante » de Jacques Parizeau, puis le Plan Biron pour les PME, et le Plan Paillé pour les nouvelles entreprises. À partir de 2018, nous vivrons la plus grande vague entrepreneuriale de notre histoire. Plus de 40 % des moins de 35 ans et plus du tiers des Québécois d’adoption souhaitent lancer leur entreprise. Nous serons à ce rendez-vous. Notre gouvernement fera en sorte de transformer leurs intentions en projets et leurs projets en succès.

Avec notre plan Priorité PME, nous sommes guidés par deux principes. D’abord : « une fois suffit ». Quand l’entrepreneur a soumis ses informations à un ministère ou à une agence gouvernementale, ça suffit. Que l’État se fasse des copies, pas l’entrepreneur. Deuxième principe : « Laissez-les travailler ». Pendant les cinq premières années d’une nouvelle entreprise, qu’elle soit privée, sociale ou coopérative, le cadre réglementaire sera considérablement allégé.

Et, lorsqu’une entreprise ferme ses portes, nous allons favoriser son rachat par ses salariés et ses cadres. Eux, ils connaissent ça; eux, ils y tiennent; eux, ils ne délocaliseront pas. C’est ça, aussi, le nationalisme économique.

 

Environnement

S’il y a un chantier de nationalisme économique emballant, c’est celui du virage vert de notre économie. Nous perdons chaque année 18 milliards de dollars en achat de pétrole étranger. Pendant que s’empilent dans nos réservoirs des surplus d’électricité. Plus on sortira rapidement du pétrole, plus on investira ici, dans nos industries vertes, ces milliards qui nous échappent.

Le premier budget du gouvernement du Parti Québécois sera celui du virage vert. Le PLQ et la CAQ rêvent de bâtir de nouveaux barrages. Pour le Parti Québécois, la prochaine Baie James, elle sera dans la rénovation verte de nos logements. Elle sera dans nos écoles et nos hôpitaux, qui se libéreront du mazout pour passer à la géothermie. Elle sera dans chaque quartier et chaque banlieue où les panneaux solaires, les toits verts et les ruelles vertes amélioreront notre qualité de vie.

Elle sera sur nos routes, où le gouvernement du Parti Québécois va vraiment lutter contre la congestion. En incitant vraiment au covoiturage et à l’autopartage. En multipliant les circuits d’autobus électriques.

En appuyant les projets de Québec et de Montréal pour davantage de transport en commun robuste. En convertissant à l’électricité les flottes d’autobus scolaires. Savez‑vous qu’une composante de la voiture électrique Tesla est fabriquée sur la Rive‑Sud ? Et si on faisait plus que seulement une composante? En électrification, notre gouvernement va voir grand. Et, oui, nous allons réaliser un banc d’essai pour le projet de monorail électrique qui pourrait, demain, relier Montréal, Québec et les autres grands centres urbains du Québec.

L’avenir du Québec, ce n’est pas le pétrole. L’avenir est dans l’inventivité électrique de nos entrepreneurs, de nos ingénieurs, de nos chercheurs, de nos services publics.

Et, l’avenir, ce n’est pas de permettre à Justin Trudeau de construire sur notre territoire un pipeline de pétrole extrême qui traverserait 860 de nos cours d’eau. Ce pipeline, TransCanada veut qu’il traverse le fleuve Saint‑Laurent sur les battures de Saint‑Augustin-de-Desmaures.

Pendant que le PLQ et la CAQ applaudissent Énergie Est, on apprenait ce matin que TransCanada réfléchit à l’avenir du projet. Nous, on ne veut pas que TransCanada réfléchisse, on veut que TransCanada arrête Énergie Est!

Et je connais quelqu’un qui veut stopper Énergie Est.

(entrée Normand Beauregard)

Normand Beauregard, notre candidat dans Louis-Hébert. Un spécialiste du développement durable. Il vit dans Louis-Hébert depuis 30 ans, a consacré sa vie aux questions d’environnement et de développement et il est, pour de bon, le candidat du PQ dans Louis‑Hébert. D’autres partis ont choisi dans Louis‑Hébert des candidats qui ne passaient pas le test de la qualité. Nous, au contraire, on a choisi un candidat d’envergure. Un candidat qui sait rester calme dans la tempête et qui sait prendre sa place dans un débat. Il a beaucoup de pratique, il est 12e d’une famille de 12 enfants. Un candidat à la mesure des espoirs et des défis des gens de Louis-Hébert. Un candidat dont ils peuvent être fiers. Merci, Normand.

Si vous pensez que toutes les décisions en santé, en éducation ou pour le développement économique doivent être prises par un petit groupe de personnes qui concentrent le pouvoir et donnent des ordres, alors, non, vous ne serez pas à l’aise au Parti Québécois.

Pour nous, les régions doivent déterminer elles-mêmes leurs projets et leur développement. Pour nous, les conseils d’administration dans la santé doivent représenter les artisans de la santé et les patients, et non appliquer aveuglément les dernières lubies du ministre. Pour nous, la concertation, la participation sont les clés du succès.

 

Santé

Et parlons de santé un instant. Parlons du ministre. Gaétan Barrette a eu carte blanche. Il a voté toutes les lois qu’il voulait, aboli tous les contre‑pouvoirs qu’il voulait, nommé tous les cadres supérieurs qu’il voulait, congédié tous ceux qu’il ne voulait pas. Au début, les Québécois lui ont donné le bénéfice du doute. Et ils ont attendu. Attendu les résultats. Et les résultats ne sont pas venus. La déception est énorme.

Mon inquiétude, c’est que les Québécois pensent qu’il n’y a rien à faire. Que jamais notre système de santé ne fonctionnera adéquatement. Depuis 15 ans, les docteurs libéraux sont au chevet du système et le principal résultat fut une explosion de… la rémunération des docteurs.

Au Parti Québécois, on ne vous promet pas de régler tous les problèmes en santé en quelques semaines, comme l’avait dit Jean Charest en 2003. Mais on va s’y prendre autrement.

Il y a 20 000 médecins au Québec qui font un travail remarquable. Mais avec les libéraux, tout est centré sur eux. Ce qui provoque un énorme embouteillage.

Il y a aussi 200 000 autres professionnels de la santé. Des infirmières, des pharmaciens, des dentistes et des hygiénistes dentaires, des audiologistes et des optométristes, des psychologues et des physiothérapeutes, des paramédics et des travailleurs sociaux. Au Parti Québécois, nous voulons leur donner plus de pouvoir, comme ils en ont ailleurs en Amérique et en Europe. Plus de responsabilités, plus d’autonomie, pour plus de soins directs aux patients.  

C’est ce qu’ils demandent depuis des années. Ils sont prêts, ils le veulent. Ils peuvent désengorger le système, dégager du temps aux médecins pour qu’ils s’occupent des cas plus graves, pas de vaccination. Ces 200 000 professionnels nous disent, finalement : Libérez-nous des ministres docteurs libéraux!

Les libéraux et Gaétan Barrette se sont battus contre l’instauration de cliniques de superinfirmières autonomes, comme SABSA à Québec.

Pour nous, le temps est venu, au contraire, d’étendre à tout le Québec les cliniques de superinfirmières, y compris dans des CLSC, pour les urgences mineures et le suivi de certaines maladies. Et, oui, ce sera ouvert les soirs de fin de semaine. C’est possible. Avec le PQ, ce sera enfin la réalité.

François Legault – écoutez bien ça – a proposé récemment qu’on donne plus d’argent aux médecins pour les inciter à déléguer des tâches aux infirmières. Au moment de la création de la CAQ, c’était une de ses propositions phares : donner plus d’argent aux médecins. C’est une idée fixe. Je sais pas si ça se soigne.

En fait, François Legault est à l’origine de la pire décision de finances publiques du siècle. Lorsqu’il était ministre de la Santé, il a cédé aux pressions des corporations médicales et accepté que leur rémunération soit calculée en fonction de la moyenne canadienne. On l’a pas fait pour les enseignants, les infirmières, les plombiers, les caissières ou n’importe quelle autre profession, mais, pour les médecins, oui.

Ensuite, Gaétan Barrette et Philippe Couillard ont appliqué la doctrine Legault. Conséquence : sur chaque nouveau dollar investi en santé, 75 sous sont allés à la rémunération des médecins. Plutôt qu’aux patients, aux aînés, à la première ligne. François Legault a commis une autre erreur coûteuse. Devenu chef de la CAQ en 2012, c’est lui qui a convaincu Gaétan Barrette de faire le saut en politique.

François, on est prêt à te pardonner beaucoup de choses. Mais ça, on te le pardonnera jamais!

Nous, au Parti Québécois, on aura le courage de réparer les erreurs des Legault, Couillard et Barrette. On adore nos médecins, mais on pense qu’ils sont suffisamment payés. Avec nous, chaque nouveau dollar supplémentaire investi en santé ira entièrement dans les soins.

 

Qui nous sommes, au PQ?

On nous demande souvent : finalement, au PQ, qui êtes-vous?

C’est simple. D’abord, on croit au Québec sans bon sens. C’est pour ça qu’on veut l’indépendance.

Et on croit en l’outil collectif de la nation : l’État québécois. On veut le rendre beaucoup plus efficace, beaucoup plus proche des gens, moins compliqué pour les entrepreneurs, les agriculteurs, les citoyens.

La CAQ et le PLQ dévalorisent constamment les centaines de milliers de femmes et d’hommes qui se lèvent chaque matin pour offrir aux citoyens un service public. On dirait qu’ils sont en guerre contre l’État, contre les salariés de l’État. Le résultat est désastreux. Démotivation, épuisement professionnel, démissions, perte d’expertise.

Au Parti Québécois, au contraire, on veut s’appuyer sur les artisans du service public, ses enseignants, ses professionnels, pour s’engager ensemble pour de meilleures idées et de meilleurs services. La CAQ veut étouffer l’État. Nous, on veut lui permettre de mieux respirer, pour mieux servir les citoyens.

Et on croit que le Québec a une identité. À nulle autre pareille. Et qu’elle vaut la peine d’être connue, enseignée, célébrée, partagée, respectée.

 

Identité

Permettez-moi de vous lire deux citations fortes sur l’identité. Qui définissent très bien le choix qui se présente à nous.

La première est toute récente. Elle est de Justin Trudeau, qui disait le fond de sa pensée à un journaliste du New York Times, peu après son élection.

« Au Canada, a-t-il dit, il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant. Il y a des valeurs partagées – ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État post-national. » Fin de citation.

Ça a le mérite de la clarté. Dans le projet canadien trudeauiste, il n’y a pas d’identité ou de projet collectif. C’est triste.

Maintenant, je vais vous lire la citation qu’avait choisie le grand Camille Laurin pour mettre à la première page de sa Politique de développement culturel.

« La patrie est un projet commun, une création continue de nos efforts solidaires [...]. Être ensemble est une orchestration infiniment complexe, dont le chef invisible est la conviction partagée que cet ensemble existe, qu’il a un sens à travers l’histoire, qu’il nous faut y être attentifs afin qu’il ne se relâche pas […]. Le plus grave désastre qui puisse menacer un peuple, c’est l’indifférence de ses membres à la forme de son avenir. »

C’est un autre choix, et c’est notre choix, au Québec. Nous avons un passé, un présent et un avenir qui ont un sens. Une identité forte qui nous définit et nous soutient. Nous ne sommes pas que des individus. Nous sommes une nation.

Mais une nation qui passe un drôle de moment. Justement à cause de la tension entre la vision canadienne des choses et la vision québécoise des choses.

Et on assiste depuis quelque temps à un procès permanent de la différence québécoise. Le mot « identité » est au banc des accusés. Alors même que le déclin du français se confirme, les propositions de défense du français sont considérées comme suspectes.

Nous vivons sous l’ère de la doctrine Couillard en matière linguistique. Il a déclaré que tous les ouvriers d’une ligne de montage à l’usine devraient connaître l’anglais, au cas où un acheteur anglophone passerait par là et voudrait leur poser une question. Les juges fédéraux l’ont trouvée très bonne et ont inscrit la doctrine Couillard dans la jurisprudence, faisant reculer de 40 ans le droit de travailler en français au Québec.

Même le défilé de la fête nationale a fait l’objet, cette année, d’une campagne de salissage. Il y a, sur fond de trudeauisme, une offensive pour culpabiliser l’élan national québécois, l’affaiblir, le rapetisser.

Le gouvernement Couillard en rajoute une couche, avec une consultation sur la discrimination systémique et le racisme. La commission sillonnera le Québec cet automne pour accumuler des pièces à conviction.

Une proposition d’autant plus louche que le Parti libéral rejette, depuis des mois, 20 propositions du Parti Québécois visant à faire reculer concrètement la discrimination à l’embauche et le racisme.

Notre engagement est en béton. Un gouvernement du Parti Québécois mettra rapidement en œuvre des mesures concrètes pour beaucoup mieux reconnaître les diplômes et les acquis des Québécois d’adoption, pour faire reculer la discrimination à l’embauche, pour faire une place à la diversité sur les conseils d’administration des sociétés publiques et dans le personnel de l’État, où les libéraux ont lamentablement échoué. J’ai hâte de diriger le gouvernement de l’inclusion, réelle et concrète.

Ce qui est visé par le procès que le gouvernement organise n’est pas l’acteur principalement responsable des problèmes réels d’intégration des néo-Québécois – le parti qui a gonflé l’immigration sans créer les conditions de son succès, donc le PLQ. Non. Il s’agit d’une opération politique préélectorale libérale de culpabilisation des Québécois, chaudement appuyée par Québec solidaire.

La véritable cible est la volonté très majoritaire des Québécois, et présente dans la diversité, d’affirmer clairement, face aux religions, la laïcité de l’État et l’égalité des hommes et des femmes. Les procureurs autoproclamés font sciemment l’amalgame entre religion et race, comme si ces réalités étaient interchangeables. Comme si tous ceux qui, depuis Voltaire, ont voulu séparer l’Église et l’État, tout en défendant la liberté de conscience et de culte, étaient des intolérants. C’est le monde à l’envers.

Les Québécoises et les Québécois ont forgé leurs convictions laïques dans leur combat de plus d’un demi-siècle pour se libérer d’une emprise considérable de la religion catholique dans leur vie, comme dans leurs services publics et leur État. Pour les Québécois, et en particulier pour les Québécoises, ce recul de la religion dans leur vie a été une libération. Un gain collectif majeur auquel le Parti Québécois a participé. En fait, notre parti est né avec ce mouvement. Il l’a incarné et l’incarne encore.

Et il est essentiel de dire à nos concitoyens qui auraient manqué les épisodes précédents qu’on ne parle pas, ici, d’un passé lointain. C’est il y a seulement 20 ans que les Québécois ont renoncé au caractère chrétien de leurs commissions scolaires. C’est il y a seulement 12 ans qu’ils ont aboli l’enseignement catholique et protestant dans les écoles publiques.

Il y a eu de la résistance. Des groupes chrétiens, des prêtres, des évêques qui n’étaient pas d’accord. Il y a eu des recours légaux. Mais savez‑vous quoi? Avec le recul, je voudrais les remercier d’une chose : il ne leur a jamais traversé l’esprit d’accuser le Québec de « christianophobie ». Le mot n’a jamais été prononcé.

Alors, oui, ayant voulu et vécu ce processus de retrait majeur de la religion de leur vie, l’immense majorité des Québécoises et des Québécois voient le retour des signes religieux, quels qu’ils soient, dans leurs services publics comme une régression. Ils souhaitent rester fidèles à eux-mêmes. Somme toute, ils désirent vivre dans une société qui, tout en respectant les croyances de chacun, valorise la laïcité et la liberté des femmes.

C’est leur droit et ils méritent un gouvernement qui sera à leurs côtés. Pour l’instant, au gouvernement à Québec, à Ottawa comme chez les dirigeants de Québec solidaire, ils n’ont que des adversaires.

 

Le rôle historique du Parti Québécois

Ce n’est pas la première fois que les Québécois sont accusés de racisme et de repli sur eux. Ce n’est pas la première fois que s’accumulent les signes du déclin linguistique. C’était le cas dans les années 1970. Le Parti Québécois a su, à compter de 1976, renverser la vapeur. Adopter, contre une opposition féroce, une loi structurante pour l’avenir linguistique et culturel du Québec, la Charte de la langue française.

Le Parti Québécois est aujourd’hui encore appelé à jouer ce rôle historique. Dans les 101 premiers jours de notre prise de pouvoir, nous adopterons la loi 202 pour arrêter le déclin du français et renverser la vapeur.

D’abord, en rétablissant le droit de travailler en français, en étendant la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés – ce à quoi se refusent toujours le PLQ et la CAQ. Ensuite, en faisant en sorte que 100 % des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis sur le territoire que s’ils démontrent une bonne connaissance du français – ce à quoi se refusent le PLQ et la CAQ.

Cela passe par l’obligation, pour les étudiants québécois des cégeps et des universités anglophones, de démontrer une réelle connaissance du français pour l’obtention de leur diplôme. Une mesure essentielle pour assurer leur succès dans le marché du travail francophone et pour faire reculer l’unilinguisme anglais – ce à quoi se refusent le PLQ et la CAQ.

J’entends déjà les libéraux nous accuser de vouloir empêcher les Québécois d’apprendre l’anglais. Sérieusement. René Lévesque parlait parfaitement l’anglais. Jacques Parizeau cultivait un accent british. Lucien Bouchard, Bernard Landry André Boisclair, Pierre Karl Péladeau, tous bilingues et trilingues. Pauline Marois. Première ministre, elle s’y est mise et a fait des progrès remarquables. Je suis témoin!

Je vais vous poser une devinette. Qui a dit : « Il ne faut pas se boucher les yeux. On n’a pas le choix. On vit sur un continent anglophone et, parler anglais au besoin, tout en vivant en français chez soi, devrait être normal. » Qui a dit ça? Jacques Parizeau, dans une de ses toutes dernières entrevues.

Le Parti Québécois est au diapason de tous les parents et de tous les jeunes Québécois qui veulent maîtriser l’anglais et l’espagnol, et une troisième et une quatrième langues. Bien sûr.

Et le débat que nous avons sur les cégeps est exactement celui-là. Comment répondre au désir légitime des Québécois, et de Jacques Parizeau, de bien maîtriser l’anglais sans angliciser une partie de notre population?

Notre réponse : faire en sorte que nos cégeps francophones offrent réellement à ceux qui le désirent un parcours enrichi en anglais comportant une session dans un cégep anglophone. Apprendre l’anglais sans s’angliciser.

Et inciter les étudiants anglophones à venir faire une session dans les cégeps francophones pour bien maîtriser le français. Y compris dans les cégeps des régions du Québec qui font face aujourd’hui à une pénurie d’inscriptions et qui vont chercher des étudiants aux quatre coins du globe. Pourquoi ne pas aller en chercher ici, dans notre communauté anglophone, pour mieux partager avec eux notre langue commune? Ça, c’est audacieux. Ça, c’est rassembleur. Ça, c’est répondre aux besoins des jeunes adultes et de la nation.

 

Définir notre nation

À ce nouvel effort historique sur la langue, notre gouvernement ajoutera une affirmation claire et sereine de la différence québécoise dans une constitution québécoise.

Comment faire pour définir ce que René Lévesque appelait notre « différence vitale »?

D’abord, il y a des évidences, le Québec forme une nation sur son territoire. Le Québec a une langue officielle et commune, le français, et tous les habitants sont appelés à l’apprendre, à la connaître, à la partager. Le Québec s’est incarné dans une très riche production culturelle principalement francophone qui exprime à la fois ses origines, son évolution et ses métissages. Tous les étudiants québécois devraient en connaître les œuvres essentielles.

Le Québec est le fruit d’un récit historique singulier, toujours en devenir. La connaissance de ce récit fait partie de l’expérience d’une citoyenneté québécoise commune.

Puis, il y a notre attachement à notre immense territoire. Nos enracinements locaux. La fierté d’être Gaspésien, Beauceron, d’Abitibi ou du Lac. Je devrais les nommer toutes. La fierté des gens de Québec, ville d’histoire et d’avenir. L’extraordinaire laboratoire permanent d’idées, de rencontres et de création qu’est Montréal.

Et, sur ce territoire vaste, riche et vivant, depuis Champlain, notre premier et peut-être plus grand héros, nous avons voulu tisser avec les nations autochtones des relations d’amitié et de respect mutuel. Il y a eu des reculs. Des cicatrices profondes qu’il nous appartient de panser ensemble pour mieux préparer l’avenir. Mais de la Grande Paix de 1701 à la Paix des Braves de 2003, il y a une volonté de vivre côte à côte, dans un échange mutuellement bénéfique. L’identité québécoise doit beaucoup à son empreinte autochtone. Je souhaite voir un moment ou les identités autochtones pourront dire fièrement qu’elles doivent beaucoup à leur empreinte québécoise. C’est l’esprit de Champlain qui doit nous guider aujourd’hui, demain, et pour le Québec indépendant que nous voulons construire.

Puis, il y a notre attachement particulier à des valeurs universelles :

Le Québec n’est pas le seul lieu où l’égalité entre femmes et hommes est un acquis précieux (et encore incomplet). Mais, à cause de notre histoire, ce désir d’égalité est exprimé intensément et fait partie de notre identité fondamentale;

Le Québec n’est pas le seul lieu où se trouvent à la fois l’esprit d’entreprise, couplé à l’entraide et à la concertation. Mais notre statut de minorité a fait de ces approches d’action et de décision des éléments forts;

Le Québec n’est pas le seul lieu où la quête de justice sociale se déploie. Mais la marche d’une population francophone qui, avant la Révolution tranquille, était sous-payée et socialement déclassée vers une société moderne d’une grande mobilité sociale et exigeante pour viser l’équité sous toutes ses formes fait de cette quête un trait saillant de notre vie collective.

Le Québec n’est pas le seul lieu où la volonté démocratique est présente. Mais des Patriotes qui font voter dans tous les villages les 92 résolutions réclamant davantage de démocratie, en passant par l’obtention du gouvernement responsable, jusqu’aux lois sur la démocratie de René Lévesque et de Robert Burns, des avancées récentes dans l’assainissement de nos pratiques politiques et des débats persistants sur la recherche d’un mode de scrutin encore plus équitable, notre engagement pour la démocratie est indissociable de ce que nous sommes.

Et le Québec, j’en ai parlé tout à l’heure, a inscrit, dans son identité moderne, sa marche vers davantage de laïcité.

Voilà ce que nous sommes. Et voilà ce à quoi nous convions tous les Québécois d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Voilà la version québécoise du vivre-ensemble, qui n’est ni canadienne, ni américaine, ni européenne, ni meilleure, ni pire que celle des autres démocraties avancées. Elle est, simplement, québécoise. Elle mérite le respect.

 

Le chemin des victoires

Notre parti. Votre parti. Le plus grand parti du Québec. Avec ses 80 000 membres. Le parti qui compte le plus de membres de chacune des quatre générations qui nous ont menés jusqu’ici.

Oui, quatre générations. D’abord, ceux qui, avec Pierre Bourgault, ont montré en 1966 que 11 % des Québécois étaient indépendantistes. Je vous demande de vous lever, ceux qui ont voté en 1966.

La deuxième génération a démontré en 1980 que 40 % des Québécois voulaient l’indépendance. Levez-vous, ceux qui ont voté en 1980.

La troisième génération, qui a démontré en 1995 que la moitié des Québécois étaient prêts pour l’indépendance. Levez-vous, ceux qui ont dit oui pour la première fois en 1995.

La quatrième génération, bien représentée par notre nouvelle présidente, Gabrielle Lemieux. En 1995, elle avait 9 ans. Ceux qui diront oui pour la première fois lors du prochain rendez-vous avec l’indépendance, levez‑vous.

Depuis que vous m’avez choisi pour diriger notre grand parti, j’ai voulu faire émerger mieux que jamais l’équilibre entre ces quatre générations d’indépendantistes. Et je vous remercie, tous, d’avoir participé à ce grand chantier d’ouverture générationnel. En un an, le nombre de membres de moins de 40 ans a bondi de 40 %. En six mois, les militants expérimentés ont ouvert les bras aux jeunes en leur donnant davantage de responsabilités dans toutes nos instances, jusqu’à la présidence. Nous pouvons dire, aujourd’hui : mission accomplie. Et que chacun puisse tendre la main aux Québécois de tous âges et démontrer, mieux qu’hier, que le Parti Québécois est la maison de toutes les générations.

Et qu’il est la maison aussi des Québécois de toutes les origines, de toutes les croyances et de tous les métissages. Je suis heureux de vous annoncer que jamais, avant ce congrès, nous n’avions autant de délégués provenant de la grande diversité québécoise.

Je veux saluer tous les membres du comité exécutif national qui nous ont accompagnés dans cette transition depuis 2011. En particulier ceux qui ont fait tout le parcours : Élise Péloquin, Danielle Gagné, Paul Crête et le président sortant, Raymond Archambault.

Vous nous laissez un parti en pleine forme. Présent dans tout le Québec. Beaucoup plus présent sur Internet qu’aucune autre formation. Prêt à relever les grands défis qui nous attendent : chasser les libéraux, sans les remplacer par les caquistes, réussir l’indépendance, dans cet ordre.

Nous avons pris une grande décision collective. D’abord, celle de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat. Ensuite, celle de solliciter clairement, à l’élection de 2022, le mandat de proposer et de réussir l’indépendance.

Certains sont surpris de nous entendre parler d’indépendance à chaque occasion, puisque le référendum n’est pas imminent. Je leur dis : désurprenez-vous. L’indépendance est une solution à des problèmes immédiats, pas seulement historiques.

Nous sommes indépendantistes tous les jours. Nous ne sommes pas référendistes tous les jours.

Notre gouvernement, dans un premier mandat, va s’occuper pleinement de redonner son élan et sa fierté à la nation. Et, lors de l’élection fédérale de 2019, avec nos amis du Bloc (salutations à Martine Ouellet), nous allons mettre les partis fédéraux et Justin Trudeau au défi. Pourquoi, chaque année, Ottawa prive-t-il l’économie québécoise de 4 milliards de dollars d’investissement productif, ce qui serait sa juste part?

Pourquoi Ottawa a‑t‑il pris des milliards de dollars dans la poche des Québécois pour soutenir massivement le pétrole dans l’Ouest et à Terre-Neuve, pour soutenir le nucléaire et l’automobile en Ontario, sans jamais accorder le même traitement à notre économie? Pourquoi, au cours des prochaines années, Ottawa va-t-il prendre dans nos poches la somme colossale de 30 milliards de dollars pour financer des super-emplois à Halifax et à Vancouver pour la marine de guerre canadienne, sans rien nous offrir en retour? Ah, oui, c’est vrai, ils nous envoient quelque chose. Pendant qu’on finance de bons emplois, de la richesse et de la dignité ailleurs, Ottawa nous envoie un chèque d’assistance, la péréquation. Un chèque enrobé dans une épaisse enveloppe de mépris. J’ai hâte à cette élection fédérale de 2019. J’ai hâte qu’on fasse les comptes de ce que ça nous coûte, le Canada.

De 2018 à 2022, le Parti Québécois sera à l’œuvre, avec nos partenaires du OUI Québec que je salue, pour préparer et informer les Québécois sur l’offre indépendantiste de 2022. Qu’est-ce que ce serait, les cinq premières années d’une vraie stratégie maritime si on avait tous nos pouvoirs? Qu’est-ce qu’on ferait de mieux en santé, ou pour les médicaments, si on récupérait les pouvoirs et le milliard perdu en dédoublements bureaucratiques avec Ottawa? Et le rapport d’impôt unique, qui ferait économiser 700 millions par année aux Québécois, ça se présenterait comment?

Comme gouvernement, on va redonner du tonus et de la fierté au Québec. Comme mouvement, on va préparer méticuleusement notre proposition indépendantiste pour 2022.

Il faut franchir la première étape. Celle de l’élection d’octobre 2018.

Et je voudrais m’adresser aux électeurs qui sont tentés par les autres partis.

D’abord, aux électeurs libéraux. Déçus de ce qu’est devenu leur grand parti sous la direction de Jean Charest puis de Philippe Couillard. De scandale en scandale, de faute éthique en faute éthique, sans parler d’une austérité toxique pour nos enfants et nos aînés. Le Parti libéral a besoin d’une longue cure d’opposition, pour retrouver ses repères.

Je le dis aussi aux électeurs anglophones. We know how disappointed you are by the current Liberal government. Unimaginable cuts that hurt the young and the elderly. An inability to handle crisis situations. A government that never seems to find it’s ethical compass. It’s time for change. For good, clean, green government. And that is the Parti Québécois. We are in favour of Quebec’s independence; there is no doubt about that. But our commitment is firm; we will not put this issue to a vote until the subsequent election in 2022. In our first mandate, we have much to do in terms of health, education, justice, the environment, our shared Quebec identity, and the incredible entrepreneurial wave that is brewing among the younger generation and new Quebecers. And there’s one thing of which you can be certain. With the Parti Québécois, the Anglo vote will never be taken for granted.

Aux électeurs tentés par la CAQ, mon message est simple. Comparez correctement les solutions de la CAQ et les nôtres. Comparez et vous verrez que pour votre accès au système santé, pour une vraie gratuité scolaire, pour la qualité des services de garde, pour la qualité de votre environnement, pour la réussite des petites entreprises, les solutions du Parti Québécois sont plus efficaces, plus réfléchies, plus solides.

Solides comme la formidable équipe déjà élue de députés du Parti Québécois, sans même compter les nouvelles candidatures qui s’ajouteront. Elle est là, la compétence que vous cherchez. Elle est là, la relève dont le Québec a besoin. Dont vous avez besoin.

Aux électeurs de Québec solidaire, finalement, j’ai un message très important que j’aimerais que vous écoutiez attentivement. Votre volonté de faire du Québec un endroit plus juste, plus vert, plus égalitaire est admirable. Mais nous sommes prisonniers, vous et nous, d’un système électoral vétuste qui favorise les libéraux. Malheureusement, tant qu’on n’aura pas changé le mode de scrutin, voter Solidaire, c’est aider un libéral ou un caquiste à l’emporter. C’est obtenir exactement le résultat contraire à celui que vous recherchez.

Il y avait bien une solution, celle de faire un pacte entre nous. Quatre-vingt-sept pour cent des électeurs de Québec solidaire y étaient favorables, comme nous. Mais votre parti a claqué la porte à cette solution de bon sens. Votre parti vous a replongés dans le piège électoral de la division du vote progressiste et indépendantiste.

La seule façon de sortir de ce piège est de voter pour le parti qui s’engage formellement à réformer le système électoral à temps pour l’élection de 2022. J’en prends l’engagement solennel devant vous aujourd’hui. Nous y tenons. Pourquoi? Parce qu’en 2022, on veut additionner les forces et les partis indépendantistes, pas les diviser. Pour y arriver, il faut, l’an prochain, élire une majorité de députés du Parti Québécois.

Quand j’ai pris ma carte du Parti Québécois, je savais que j’entrais dans une grande coalition. Des gens venus des régions, de Montréal, de Québec, venus du travail de la terre, de l’usine, de l’enseignement ou des soins, des gens qui penchent à gauche, à droite. Des gens plantés au centre du centre ou qui s’en fichent, l’important étant d’avancer vers le progrès et vers le pays.

Ce qui nous soude, aussi, dans cette grande maison fondée par Lévesque et Bourgault et Parizeau et tant d’autres, c’est que nous sommes à l’image des Québécois sur ce coin de continent. Nous ne renonçons jamais.

À travers les écueils et les conjonctures, les reculs et les avancées, les bourrasques et les éclaircies, nous ne renonçons jamais. Nous sommes le parti des bâtisseurs du Québec. Quelque chose en nous nous pousse à vouloir toujours transformer le Québec pour le mieux. C’est plus fort que nous.

Nous sommes heureux lorsque le Québec va encore plus loin. S’épanouit encore un peu plus. Encore un peu plus. Jusqu’à ce qu’enfin, il soit complètement lui-même.

Merci.