Publié le 11 mars 2014 par Permanence nationale

Responsable, Philippe Couillard?

Dans une de ses envolées improvisées et irréfléchies, le chef du Parti libéral a qualifié d’irresponsable le choix de la chef du Parti Québécois d’ajouter un homme d’affaires prospère et visionnaire à son équipe. On peut comprendre Philippe Couillard d’envier le pouvoir d’attraction de Pauline Marois et de jalouser la qualité de l’équipe de candidates et de candidats qu’elle a mise sur pied. Oui, on peut comprendre. Mais quand il parle d’irresponsabilité, il y a de quoi sourciller. M. Couillard devrait se regarder dans le miroir.

Rappelons-nous que quelques mois avant qu’il quitte la vie politique, en juin 2008, le chef du Parti libéral avait rencontré, quatre fois plutôt qu’une, son futur employeur, Persistence Capital Partners (PCP). Dès le 17 mai, le ministre de la Santé signait un « protocole d'entente » avec PCP, une entreprise œuvrant dans le secteur de la santé, sur ses conditions de travail.

Dans les mois précédant l’abandon du navire libéral, Philippe Couillard signait deux décrets affectant son nouvel employeur, l'un précisant la cinquantaine de traitements médicaux pouvant être dispensés dans les cliniques privées et l'autre visant à réduire le coût de leur permis d'exploitation.

Depuis, les députés de l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité un code d’éthique et de déontologie interdisant à un ministre de se négocier secrètement un emploi alors qu’il occupe toujours ses fonctions.

Et aujourd’hui, Philippe Couillard voudrait nous donner des leçons d’éthique?

À moins que ce ne soit qu’une erreur de parcours, mais… En juin 2010, le docteur Couillard est nommé au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), alors qu’il travaille comme consultant pour le gouvernement saoudien. Des analystes œuvrant dans le milieu du renseignement ont soutenu à l’époque que les enjeux en matière de sécurité étaient si importants, si sensibles, que « la seule apparence d’irrégularité est intolérable ».

Et aujourd’hui, il voudrait nous parler de responsabilité?

Ajoutons à cela sa relation avec Arthur Porter, et rappelons les paroles de Raymond Bachand pendant la course à la chefferie du PLQ : « Pendant que Pierre et moi combattions la corruption [sic], tu faisais des affaires avec Arthur Porter! »

Maintenant, celles de Philippe Couillard en octobre 2011 : « Plusieurs d'entre vous savez que Arthur et moi sommes d'excellents amis, des amis très proches depuis notre toute première rencontre en 2003. J'admire la façon dont Arthur s'est intégré au Québec. » Une amitié si proche que les deux hommes avaient démarré, ensemble, une entreprise de consultation, en juin 2010. Cette « coquille » restera inactive jusqu’au lendemain du coup d’envoi de Philippe Couillard dans la course à la chefferie libérale. À quoi devait servir cette entreprise à numéro? Personne ne le sait encore, car Philippe Couillard ne s’est jamais expliqué.

Pierre Karl Péladeau est l’un des plus grands représentants du Québec inc. Toute sa carrière a servi les intérêts économiques et sociaux du Québec. C’est une grande candidature pour le Parti Québécois et une excellente nouvelle pour les Québécois. C’est un choix responsable et emballant! La politique, et notre parti le démontre clairement partout au Québec, continue à attirer des gens de qualité, issus de toutes les sphères d’activité et dévoués aux intérêts de la population québécoise.

Les libéraux ont choisi d’élire à la chefferie de leur parti un homme qui se négocie des emplois dans le secteur privé alors qu’il est ministre, un homme qui travaille pour un gouvernement étranger alors qu’il est membre d’un comité de surveillance de l’espionnage au Canada, un homme dont on s’explique mal les raisons qui l’ont poussé à fonder une entreprise avec un individu qui sera plus tard accusé de fraude.

Des choix comme celui-là, au Parti Québécois, on n’en fait pas.

Parce que nous sommes responsables.

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