Publié le 10 février 2013 par Pauline Marois

Cap sur la liberté!

Dans le cadre de son conseil national en fin de semaine, le Parti Québécois s’est donné un plan d’action sur la souveraineté, adopté à l'unanimité.

Comme première ministre, je suis très fière de parler de notre projet. J’en ai parlé sur trois continents : en Afrique, en Europe et en Amérique. C’est ma responsabilité comme première ministre d’un gouvernement souverainiste. C’est la responsabilité des ministres et des députés. C’est aussi celle des militants.

Si chacun d’entre nous parle avec son cœur de notre projet de pays québécois, chacun à sa façon et avec sa réalité, nous allons toucher beaucoup de monde.

Nous avons parfois été mis sur la défensive depuis le référendum de 95. Mais c’est fini ce temps-là. À compter de maintenant, on passe à l’offensive!

Autrefois, certains leaders fédéralistes défendaient passionnément le Canada. Cette époque est révolue. Il n’y a plus que deux choix possibles : le Canada tel qu’il est ou la souveraineté.

Pour la langue, le Canada est un risque, tandis que la souveraineté, c’est une garantie!

En matière de citoyenneté, le Canada est un risque pour le Québec, tandis que la souveraineté, c’est une garantie de respect de nos valeurs communes!

Demeurer dans le Canada, c’est l’assurance pour le Québec d’être perpétuellement confronté à des échecs. La souveraineté, au contraire, c’est le début d’une grande histoire positive pour nous et pour les prochaines générations.

La politique étrangère canadienne est de plus en plus éloignée de nos intérêts et de nos valeurs. En la matière, demeurer dans le Canada, ça signifie que d’autres parleront en notre nom dans le monde, alors que la souveraineté nous garantit une politique étrangère conforme à nos aspirations, à nos intérêts et à nos valeurs.

Si le Québec est bénéficiaire de la péréquation depuis trois décennies, ce n’est pas parce que les Québécois ne sont pas bons. C’est parce qu’à Ottawa, les décisions ne sont pas prises en fonction de nos intérêts.

Ottawa a accordé un contrat de plus de 20 milliards de dollars pour construire des navires fédéraux en Atlantique. Je mets au défi le gouvernement fédéral d’investir 20 milliards dans l’électrification de nos transports et je vous garantis que, d’ici quelques années, le Québec sera trop riche pour recevoir la péréquation!

Quel est l’avantage du Québec de financer à coups de milliards deux ministères de l’Environnement, deux ministères de la Justice, deux ministères de l’Agriculture, deux ministères de la Citoyenneté, deux ministères de l’Immigration, deux ministères des Finances, deux ministères de l’Industrie, deux ministères des Ressources naturelles, deux ministères de la Sécurité publique et deux ministères des Transports? Et, en plus, on est obligés de remplir deux déclarations de revenus. En éliminant tous ces doublons administratifs, le Québec souverain économisera davantage d’argent que ce qu’il reçoit d’Ottawa.

Mais la raison fondamentale de faire la souveraineté, ça demeure le fait tout simple que nous sommes un peuple. Nous avons une histoire et nous voulons qu’elle se poursuive. Nous avons une langue bien à nous, que nous aimons. Nous avons nos façons de faire dans tous les domaines. Et nous avons cette créativité, qui fait de plus en plus notre marque de commerce dans le monde.

Nous devons envisager l’avenir avec confiance. Vous savez, les choses peuvent changer très rapidement, si on y met du nôtre. Alors, on va retrousser nos manches. On va aller voir le monde et on va leur dire pourquoi on veut un pays.

On doit sortir, parler, convaincre. Je demande à chacun de nos ministres de parler de souveraineté et d’expliquer notre projet chaque fois que c’est possible. Je vous demande, à vous, de parler à votre famille, à vos collègues, à vos amis, aux gens que vous rencontrez. Je vous demande de ne laisser personne affirmer que la souveraineté n’est plus pertinente : ce n’est pas vrai!

Imaginez si des centaines de milliers de personnes se mettent ensemble pour sortir, parler et convaincre les Québécois un à un qu’il est temps qu’on se donne un pays.

Imaginez ça, un pays francophone en Amérique du Nord.

Imaginez un pays peuplé de huit millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui se gouvernent sur un territoire immense et magnifique.

Dans ce pays-là, on entend parler le français avec tous les accents.

Il est beau ce pays. Il nous attend au bout du chemin. Alors, continuons!

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