Publié le 10 juin 2016 par Permanence nationale

Bilan de session parlementaire : la crise s’installe sur tous les fronts au Parti Libéral

L’édifice du Parti Libéral du Québec craque de partout. Après une session parlementaire catastrophique, c’est un tremblement de terre qui secoue actuellement le ministère des Transports. Sur le bord de l’éclatement, le gouvernement de Philippe Couillard continue de fermer les yeux aussi bien sur ses problèmes internes que sur les torts que ses politiques causent à toute la société québécoise.

Et ce sont les Québécois qui paient les frais de l’indifférence et de l’entêtement du premier ministre.

250 000 emplois, vous dites?

L’absence de vision économique du gouvernement libéral et son obsession à couper partout pour démanteler le plus rapidement possible le modèle québécois donnent des résultats tangibles: 9500 emplois perdus au Québec d’avril 2015 à avril 2016.

Où sont les 250 000 emplois promis? Qui se targuait d’être le gouvernement de l’économie? Tous les indicateurs économiques sont à la baisse, autant de signaux qui devraient faire réagir le gouvernement, qui reste pourtant impassible devant le désastre annoncé.

Pendant que le Québec perd un à un ses sièges sociaux, le gouvernement de Philippe Couillard, plutôt que de concevoir un plan de sauvegarde, a plutôt mis tous ses oeufs dans le même panier en choisissant d’investir 1 milliard de dollars américains dans une transaction concernant un seul projet: la CSeries de Bombardier.

C’est une absence complète de vision économique dont fait preuve le gouvernement du Parti Libéral, et ce sont des milliers de familles québécoises qui en paient le prix.

La hache dans les CPE

Car, pendant ce temps, en plus de perdre leurs emplois, les Québécois voient les frais de garde de leurs enfants grimper en flèche. Avec la nouvelle «taxe famille», certains parents ont dû débourser jusqu’à 2300$ par enfant lors de la production de leur déclaration de revenus. Ce que nous dit le Parti Libéral, c’est «payez plus, on vous en donnera moins».

En effet, c’est dans une véritable entreprise de démantèlement du réseau public de services de garde que le gouvernement de Philippe Couillard s’est engagé, avec de nouvelles compressions de 120 millions de dollars cette année. Une allocation de transition de 60 millions donnée aux CPE? Celle-ci servira en très grande partie à licencier des employés et à payer leur prime de départ.

Le Parti Libéral ne se contente donc pas d’être incapable de créer de l’emploi : il finance la perte d’emplois! Cafouillage complet en éducation

Et le portrait n’est pas plus encourageant du côté de l’éducation. Le pseudo-réinvestissement de 2,48% annoncé pour 2016-2017 est non seulement largement en-dessous de la moyenne des 10 dernières années et évidemment loin de rattraper les 2 années de coupures du gouvernement Couillard, mais le Parti Québécois a en plus découvert lors de l’étude des crédits qu’un tiers de ces sommes était financé par des «mesures d’optimisation administrative», en d’autres mots: d’autres coupures!

Sans compter que le gouvernement libéral joue littéralement à l’apprenti sorcier avec notre système d’éducation: 2 ans et 3 ministres de l’Éducation plus tard, on apprend qu’il abandonne son deuxième projet de réforme de la gouvernance scolaire. Par-dessus le marché, les intentions du ministre Proulx demeurent floues sur la suite des choses. Nous voilà à deux années perdues pour la réussite de nos jeunes, et sans grand espoir pour les deux qui suivront.   Philippe Couillard ajoute même l’insulte à l’injure en s’autoproclamant le «premier ministre de l’éducation». Comment peut-on être aussi effronté?

L’échec Barrette en santé

Côté santé, le bilan est désastreux. À l’urgence, le commissaire de la santé évalue que les heures perdues à attendre ont atteint le nombre faramineux de 13 millions, et qu’une personne sur 10 quitte les lieux sans avoir été prise en charge.

Malgré les réformes entreprises par le ministre Barrette, un million de Québécois sont toujours sans médecin de famille. Et les nouvelles coupures prévues en 2016-2017 n’aideront en rien la situation: on dépassera alors le milliard de dollars en compressions budgétaires dans le secteur de la santé seulement.

Pendant ce temps, les docteurs Couillard et Barrette continuent d’augmenter le salaire de leurs collègues médecins et n’ont aucune intention d’aller récupérer les 400 millions de dollars qui leur ont été versés en trop.

Et pour être certain de bien museler la critique, Gaétan Barrette abolit le poste du commissaire en santé. Qui pourra surveiller les excès de sa gouverne maintenant?

Copinage et financement illégal: le même bon vieux Parti Libéral

Sans se contenter d’une gestion catastrophique des affaires de l’État, le Parti Libéral a bien su nous démontrer durant la dernière session parlementaire qu’il n’avait pas du tout changé, quoi qu’en dise Philippe Couillard.

D’ailleurs, ce dernier, après n’avoir vu aucun problème à un retour de Nathalie Normandeau au PLQ avant les élections de 2014, n’a pas cru bon de condamner la culture de son parti après l’arrestation de celle-ci par l’UPAQ en mars dernier, aux côtés de l’ancien ministre et important collecteur de fonds du Parti Libéral, Marc-Yvan Côté.

De surcroît, après qu’une rencontre avec ce même M. Côté ait mis Sam Hamad dans l’embarras en raison de la hausse soudaine de 1 million de dollars d’une subvention attribuée par son ministère à la firme Premier Tech, dont Marc-Yvan Côté est vice-président, le premier ministre a d’abord attendu que la colère des Québécois le force à retirer son poste et ses privilèges au ministre Hamad — qui s’était sauvé en Floride — puis s’est empressé de blanchir «tout à fait» son ami Sam à la publication du rapport de la vérificatrice générale, qui a dû lui rappeler que rien ne lui laissait la possibilité d’affirmer une telle chose.

De son côté, Jacques Daoust n’a rien fait quand son prédécesseur Robert Poëti l’a avisé d’irrégularités au ministère des Transports. Quant au premier ministre, il a rejeté la faute de son «ignorance» sur son directeur de cabinet, en s’assurant de lui offrir en douce un emploi dans un autre cabinet. Décidément, Philippe Couillard ne veut pas faire le ménage au Parti Libéral.

Malgré toutes ces controverses liées au financement du PLQ, ses militants ne se sont pas gênés pour adopter, le mois dernier, une résolution pour augmenter la limite des contributions annuelles aux partis politiques, présentement fixée à 100 $.

Philippe Couillard se vantait bien de vouloir le gouvernement le plus transparent de l’histoire du Québec, mais le voilà complètement opaque sur toutes les questions d’intégrité, tant dans les dossiers du MTQ et l’affaire Sam Hamad que dans le système des ministres à 150 000$, qu’il refuse aussi de dénoncer. Sa mesure phare de transparence gouvernementale, soit la diffusion des agendas ministériels, s’est révélée être une chimère, les ministres pouvant faire ce qu’ils veulent malgré la directive du premier ministre.

Qu’est-ce qui a changé au Parti Libéral, au juste?

Une opposition ferme

Pendant ce temps, au Parti Québécois, nous agissons sur tous ces fronts pour tenter de freiner ce gouvernement qui patauge dans l’improvisation la plus complète.

Grâce au travail acharné d’Agnès Maltais en commission parlementaire, la ministre Stéphanie Vallée et toute l’Assemblée nationale se sont finalement rangés du côté de la majorité de la population et de presque tous les groupes de la société pour rejeter la partie du projet de loi 59 portant sur les discours haineux, une victoire majeure pour la liberté d’expression au Québec.

La sortie du député de René-Lévesque, Martin Ouellet, et de sa collègue d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, a aussi permis l’adoption d’un amendement au projet loi 83, faisant ainsi en sorte que les maires reconnus coupables d’une infraction au Code criminel pourront être destitués, peu importe la sentence reçue.

Nous sommes également très fiers du projet de loi 599 déposé à la fin du mois de mai par le député de Berthier et porte-parole du Parti Québécois en matière d’agriculture et d’alimentation, André Villeneuve, pour une Loi visant à contrer l’accaparement des terres agricoles. Ces terres constituent une ressource limitée et sont ainsi devenues une valeur refuge pour certains fonds d’investissement privés, ce qui a causé une augmentation de leur prix. Au Québec, nous avons fait le choix de garder une agriculture à l’échelle humaine, donc de mettre l’accent sur les fermes familiales, un modèle que cette nouvelle loi permettra de sauvegarder.

Notons également l’excellent travail de Diane Lamarre, députée de Taillon et porte-parole du Parti Québécois en matière de santé et d’accessibilité aux soins, qui a présenté il y a quelques jours le projet de loi 691, Loi visant à interdire la facturation de frais accessoires pour des services assurés. Ce projet de loi vise à supprimer le pouvoir réglementaire de décréter des frais accessoires que le ministre Barrette s’était donné dans le projet de loi 20.

Pendant que le Parti Libéral navigue de crise en crise, gouvernant toujours dans son propre intérêt et à contre-courant complet de celui des Québécoises et des Québécois, au Parti Québécois, nous continuons de tenir la barre et de travailler pour un Québec plus fort et plus juste.

Souhaitons que le premier ministre Philippe Couillard finisse par descendre de son piédestal pour voir les répercussions réelles de ses politiques et de son manque de leadership sur la vie de ses concitoyens. Qui sait pourrait-il par le fait même non seulement calfeutrer les fissures qui rongent son parti, mais aussi le rénover de fond en comble, car force est de constater que rien n’a changé au Parti Libéral.

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