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Nouvelle - 1er mars 2010

« Réponse partielle », par Pierre-Paul Noreau

En soi, la création d'une unité anticollusion au sein du ministère des Transports est une excellente nouvelle. Malheureusement, elle ne répond que partiellement aux attentes légitimes des Québécois qui vont continuer d'avoir de bonnes raisons de craindre qu'une partie de leurs impôts n'enrichissent des entrepreneurs gourmands ou carrément véreux.

Certes, l'arrivée de Jacques Duchesneau va compliquer la tâche d'une partie de ceux qui contournent les règles et font monter les enchères au détriment des contribuables. L'ancien chef de police de Montréal devrait en effet trouver des mécanismes de surveillance pour limiter la collusion, la malversation et la fraude.

Il reste que cette annonce de la ministre Julie Boulet vient une fois de plus mettre en relief l'incroyable laxisme qui prévalait jusqu'ici aux Transports, pourtant le plus important donneur d'ouvrage au Québec.

Comme l'avait démontré le rapport du vérificateur de novembre 2009, la saine méfiance qui devrait être de mise entre gestionnaires et contractuels semblait là une préoccupation mineure. Facile et tentant d'abuser...

Dans les dossiers scrutés par l'équipe de Renaud Lachance, on a ainsi relevé de fausses urgences permettant de passer outre aux procédures normales d'appels d'offres, d'importants dépassements de coûts sans justification, l'absence suspecte de concurrence dans certains gros contrats, l'absence de comparaison de coûts entre régions, etc.

Le nouveau chien de garde recruté par la ministre Julie Boulet a donc beaucoup de pain sur la planche pour resserrer les pratiques d'attribution de contrats et pour réunir de l'information lui permettant de discriminer entre le raisonnable et le déraisonnable.

Mais on ne sait pas encore de quels moyens il disposera pour réaliser son difficile mandat, ni de quels pouvoirs. Chose certaine, il y a urgence à protéger « l'assiette au beurre », des investissements record de 4,2 milliards $ étant prévus dans le réseau routier pour 2010-2011.

Enfin, la mise en place d'une unité anticollusion au sein du ministère des Transports ne règle que le cas des Transports. L'intervention est significative compte tenu de l'ampleur des mandats, mais l'intervention ne donnera pas au cabinet de Jean Charest la vision globale dont il a besoin pour assainir les relations entre le gouvernement et le secteur privé. Par exemple, les pratiques douteuses ayant cours dans le secteur de la construction et qui ont été largement dénoncées à Montréal vont échapper aux nouvelles mesures de contrôle.

En conséquence, une commission d'enquête continue d'être un outil approprié pour donner un éclairage global sur le problème et pour y apporter des correctifs à sa mesure.


Source : Cyberpresse.ca

 

Dossier : Enquête publique sur l'industrie de la construction

Forts de l’appui de la majorité des Québécois, nous continuons à réclamer une commission d’enquête publique sur la construction. C’est le seul moyen de faire toute la lumière sur les allégations qui entachent la réputation de toute une industrie.

Pendant que le gouvernement Charest investit des milliards dans les infrastructures, il continue de tolérer qu’environ 30% des sommes soient détournées par des activités de collusion et de corruption.

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