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Nouvelle - 20 mai 2009

Poursuites abusives : le gouvernement nage en pleine incohérence

 La semaine dernière, La Caisse dans tous ses états arrivait sur les tablettes des librairies du Québec. Très critique à l’égard de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), ce livre est le fruit du travail de Mario Pelletier qui suit les activités de l’institution publique depuis de nombreuses années. En moins de deux, Éditions Carte Blanche recevait une mise en demeure de la CDPQ, exigeant un certain nombre de rétractations sur des allégations formulées dans l’ouvrage. Essuyant un refus de l’auteur, la Caisse a signifié qu’elle envisagerait d’autres recours, sans préciser lesquels.

Pour le Parti Québécois, cette situation reflète toute l’incohérence du gouvernement libéral. Véronique Hivon, députée de Joliette et porte-parole de l’opposition officielle en matière de Justice, exprimait l’opinion du Parti Québécois en chambre hier. « Pendant que la ministre Weil se targue de défendre la liberté d’expression et la participation aux débats publics de citoyens, une société d’État telle que la Caisse de dépôt et placement fait travailler ses avocats pour imposer le silence à un homme et à une maison d’édition qui s’exprimaient sur les agissements de la Caisse de dépôt. Il y a là une incohérence évidente que la ministre est incapable d’admettre », a déclaré l’avocate.

En effet, la manœuvre utilisée par la Caisse de dépôt et placement va à l’encontre de l’esprit du projet de loi 9 que la ministre a fièrement déposé le 7 avril dernier. Le gouvernement a fait connaître ses intentions législatives ; il aurait été sage qu’une société d’État comme la Caisse de dépôt et placement en tienne compte avant d’agir. « Quand la main droite ignore ce que fait la main gauche en pareille matière, c’est inquiétant », estime Me Hivon.