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Nouvelle - 25 septembre 2009

Pour une commission d'enquête publique sur la construction, ou le courage politique que les libéraux n'ont pas

Depuis quelques mois, au Québec, un scandale n’attend pas l’autre, dans le domaine de la construction. Les premiers scandales éclaboussant l’industrie de la construction au Québec gravitaient autour du personnage qu’est Tony Accurso tandis que le plus récent concerne les Hells Angels ; selon l’émission Enquête de Radio-Canada, ces derniers se seraient immiscés dans les élections à la FTQ-Construction.

Le Parti Québécois a réclamé cette semaine une commission d’enquête publique sur la situation dans le domaine de la construction. Les dénonciations sont de plus en plus nombreuses et des scandales éclatent sont révélés régulièrement au grand jour. L’état des choses nécessite une intervention globale et, sans jeu de mots, constructive.

Les députés péquistes ont donc appuyé la motion adéquiste réclamant :
« Que l’Assemblée nationale exige du gouvernement qu’il mandate une commission d’enquête publique et indépendante afin de faire la lumière sur les allégations de corruption, de malversation, de collusion et d’infiltration du crime organisé dans le domaine de la construction au Québec »

Sans surprise, les libéraux ont rejeté la motion proposée puisqu’ils croient que l’enquête policière menée actuellement est largement suffisante. En effet, le gouvernement libéral préfère attendre que les enquêtes policières soient achevées avant d’évaluer d’autres moyens d’action. Une fois que les enquêtes terminées, et selon leurs résultats, il n’est pas faux de croire qu’une enquête publique puisse potentiellement être déclenchée. Agir maintenant serait « mettre en péril les enquêtes de la police », selon Jean Charest.

Au contraire ! Les enquêtes policières ont leurs limites, la police recherche des criminels, une commission d’enquête peut faire la lumière sur une situation et le rôle des acteurs.

Le ministre Jacques Dupuis insiste sur le fait que même s’il ordonnait la tenue de l’enquête demain matin, il s’écoulerait un certain temps avant que ses travaux ne débutent officiellement. Raison de plus, selon le Parti Québécois, pour déclencher le processus sans plus tarder !

Qui plus est, il y a toujours plusieurs années entre le début d’une enquête policière et la condamnation d’un criminel, le cas échéant.

La chef de l’opposition officielle péquiste, Pauline Marois, a plutôt fait valoir que l’histoire démontre qu’il était possible de tenir une commission publique en parallèle des enquêtes policières déjà en cours.

Récemment, La commission Gomery a eu lieu en même temps qu’une enquête criminelle. Qui douterait aujourd’hui que ces deux moyens aient été utiles ? Robert Bourassa avait mis sur pied les commissions d’enquête sur l’industrie de la construction (commission Cliche) et sur le crime organisé (CECO). Mais... son gouvernement a été arrosé par les révélations qui y ont été faites. Personne ne peut prévoir ce qu’on apprendra des commissions d’enquête.

« Les arguments du ministre ne tiennent pas la route », affirme Pauline Marois.

Ainsi, attendre que l’enquête criminelle menée par la Sûreté du Québec soit complété, ce qui prendra des années, avant de peut-être lancer une enquête publique, serait-ce une stratégie libérale de protection ? C’est ce que semble croire Jean-Jacques Samson du Soleil, selon qui « il y a plus d’entrepreneurs de cette industrie qui sont libéraux que militants du PQ ou de Québec solidaire ! Les libéraux peuvent être éclaboussés. »

Voilà tout le courage politique que le gouvernement libéral n’a pas.
 

 

Dossier : Enquête publique sur l'industrie de la construction

Forts de l’appui de la majorité des Québécois, nous continuons à réclamer une commission d’enquête publique sur la construction. C’est le seul moyen de faire toute la lumière sur les allégations qui entachent la réputation de toute une industrie.

Pendant que le gouvernement Charest investit des milliards dans les infrastructures, il continue de tolérer qu’environ 30% des sommes soient détournées par des activités de collusion et de corruption.

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