Skip to Navigation

Nouvelle - 2 juin 2010

Pour les libéraux, la primauté de la langue française n'est pas négociable, elle est achetable!

La pire crainte du Parti Québécois et de tous ceux qui défendent l’éducation en français au Québec s’est confirmée : le gouvernement a décidé de légaliser formellement le recours aux écoles passerelles pour s’acheter le droit de fréquenter l’école anglaise.

Il faut rappeler que cette décision fera en sorte de permettre, à chaque année, de soustraire des centaines de personnes, ainsi que leurs frères, sœurs et descendance, à l’application de la Charte de la langue française.

En agissant ainsi, le gouvernement libéral se détache de la position défendue depuis plus de 30 ans par le gouvernement du Québec, Robert Bourassa compris. Il passe outre l’avis du Conseil supérieur de la langue française émis le 22 octobre 2009 (pdf) qui recommande d’étendre les dispositions de la loi 101 au secteur privé non subventionné et de recourir, pour ce faire, à une disposition de dérogation, communément appelée clause dérogatoire.

Cette mesure évitait de créer deux classes de citoyens : ceux qui ont les moyens de se payer l’école anglaise et ceux qui ne les ont pas. Avec le gouvernement Charest, le parcours individuel prime sur la volonté collective derrière les lois 101 et 104. C’est une situation grave, qui remet en cause tout l’esprit de la Charte de la langue française.

Jean Charest et ses ministres ont d’ailleurs poussé l’insulte à l’injure en reniant leur appui à une motion adoptée à l’unanimité de la chambre et enjoignant le gouvernement a adopté la solution proposée notamment par le Parti Québécois et le Conseil. La motion, adoptée à l’unanimité le 19 mai dernier réclamait :

« Qu’à la suite de l’invalidation de la loi 104 par la Cour suprême du Canada, l’Assemblée nationale du Québec exige du gouvernement libéral qu’il rejette toute solution qui aurait pour effet de permettre à des parents d’enfants actuellement non admissibles à l’école anglaise d’acheter pour leurs enfants un droit d’accès à l’école anglaise par le biais d’un passage dans une école privée non subventionnée ».

Par cet outrage au Parlement, le gouvernement confirme ce que l’on savait déjà : sa loyauté envers les intérêts particuliers des bien nantis dépassent ceux de la collectivité.

Entre son devoir de défendre la nation québécoise et sa loyauté à la constitution de Pierre Elliot-Trudeau, Jean Charest a encore une fois fait connaître son choix.

Pauline Marois, Pierre Curzi ainsi que tous les élus du Parti Québécois n’abandonneront pas. Nous talonnerons en chambre ce gouvernement fédéraliste. Nous mobiliserons les Québécoises et les Québécois qui sont soucieux de garantir à la langue française le statut qui lui revient dans notre collectivité.