Nouvelle - 15 mai 2009
Au fils des ans, le gouvernement libéral a créé une situation dangeureuse dans les prisons québécoises. Fait inquiétant : le ministre Dupuis n’a pas ou peu de solutions à court ou moyen terme pour régler le problème majeur de la surpopulation carcérale qui atteint un niveau record depuis quelques mois.
« Au 31 mars 2009, selon les chiffres du ministère de la Sécurité publique, il y avait 4705 détenus dans nos prisons alors que la capacité d’accueil est de moins de 4000. Cela n’a pas de bon sens ! », a insisté le député de Chambly et porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud.
La situation est dangereuse, non seulement pour les personnes incarcérées et le personnel de nos prisons mais aussi pour la population en général puisque la surpopulation carcérale réduit les capacités de réinsertion sociale dans nos prisons. Au terme de leur sentence, c’est donc généralement des personnes non traitées et non formées qui réintègrent la société. Les personnes détenues sortent de prison dans un état pire qu’à leur entrée.
Pas de solutions avant 2014
La situation est d’autant plus préoccupante que le gouvernement libéral n’a pas de solutions à court ou moyen terme pour soulager le système carcéral qui craque de partout. Les quatre nouvelles prisons annoncées il y a 15 mois n’ont pas encore commencé à sortir de terre et leur ouverture n’est pas prévue avant décembre 2013 voire juin 2014. Il n’a aucun autre projet de nouvelles installations carcérales temporaires alors que le système craque de partout.
La tergiversation libérale semble de mise dans ce dossier aussi, particulièrement pour l’implantation d’une nouvelle prison en Montérégie. « À l’automne 2004, le gouvernement libéral annonçait en grande pompe une prison en PPP de 100 M$ en Montérégie. Quelques mois plus tard, le gouvernement reculait, réalisant que le mode PPP était une erreur. En février 2008, on réannonçait un projet similaire, cette fois en mode conventionnel. Or, 15 mois plus tard, on ne sait toujours pas où sera située cette prison. On tourne en rond depuis cinq ans », a indiqué M. St-Arnaud.
Au cours de l’interpellation, le député de Chambly a également soulevé plusieurs problèmes préoccupants en matière de services correctionnels, notamment l’absence de classement dans les établissements de détention qui amène des délinquants primaires à partager la même cellule que des multirécidivistes. Il a aussi souligné l’absence de sécurité dans les installations carcérales temporaires, le remplacement des agents correctionnels par des agents de sécurité lors du séjour d’un détenu dans un hôpital et le manque flagrant de personnel, particulièrement pour les agents chargés de surveiller les détenus purgeant des peines d’emprisonnement dans la collectivité.
Le Rapport de la Protectrice du citoyen est déjà classé et rien n’est réglé
Le Parti Québécois reproche au ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, de ne pas avoir donné suite à plusieurs recommandations formulées par la Protectrice du citoyen dans son dernier rapport annuel. Cette dernière souhaitait l’élaboration d’un plan d’action à l’égard des services en réinsertion sociale et à la salubrité des établissements de détention. En ce sens, rien n’a été fait.
« Il a fallu qu’un viaduc s’écroule à Laval avant que le gouvernement décide de rénover nos infrastructures routières. Quel drame attend-t-il pour passer à l’action et adopter des mesures rapides et énergiques pour solutionner le problème de la surpopulation carcérale ? Le ministre Dupuis doit se ressaisir rapidement avant que la situation ne dégénère davantage », a conclu Bertrand St-Arnaud.
Les urgences débordent et le ministre de la Santé n’a pas de solution. Doit-on se surprendre que le même scénario se répète ?