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Nouvelle - 16 décembre 2010

Le Parti Québécois souligne les 50 ans d'indépendance de 17 pays africains : notes d'allocution de Pauline Marois

Mercredi 15 décembre dernier, le Parti Québécois soulignait le cinquantenaire de l’indépendance de 17 pays africains en compagnie d'ambassadeurs, dignitaires, politiciens, concitoyens, et amis de toutes origines. Voici les notes de l'allocution prononcée à cette occasion par Pauline Marois, chef du Parti Québébécois.

La version lue fait foi. Visionnez la vidéo des meilleurs moments de la soirée.

 

 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants du corps consulaire,

Mesdames et Messieurs les Représentants des associations,

Madame Louise Beaudoin, députée de Rosemont et porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations internationales et de Francophonie,

Monsieur Maka Kotto, député de Bourget et porte-parole de l’opposition officielle en matière de communautés culturelles,

Monsieur Benoit Charrette, député de Deux-Montagnes et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration,

Monsieur le Professeur Aziz Salmone Fall,

Monsieur Mario Beaulieu, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C’est un honneur et un plaisir pour moi de m’adresser à vous aujourd’hui  et de rendre hommage aux nations africaines qui célèbrent le cinquantenaire de leur indépendance.

Pour nous, du Parti Québécois, c’était naturel de souligner un tel anniversaire. Je dirais même que c’était incontournable.

D’abord parce que nous sommes fiers des liens qui unissent le Québec et plusieurs pays africains. Il y a longtemps que nous faisons route ensemble.

Depuis cette époque des indépendances, justement, qui coïncide avec une époque tout aussi importante pour nous, soit celle de la Révolution tranquille.

C’est à ce moment que le Québec a commencé à s’ouvrir sur le monde.

Nous l’avons fait sur le plan diplomatique. Et c’est en grande partie grâce à l’Afrique, que le Québec peut parler en son propre nom, à titre de nation francophone, depuis le sommet de Niamey.

C’est aussi à cette époque que nos peuples ont commencé à exprimer leur solidarité à travers de nombreuses initiatives de coopération.

Plus que de simplement permettre un développement essentiel, cela nous a aussi permis de nouer des amitiés, tant individuelles que collectives, en plus de nous amener à partager nos cultures.

J’ai moi-même eu la chance de vivre des expériences déterminantes, notamment lors de projets au Mali et au Burkina Faso.

Parallèlement à l’émergence de cette relation privilégiée, nous avons accueilli chez nous une immigration toujours plus massive, en provenance de nombreux pays, dont les pays africains.

Autant de gens qui ont contribué à bâtir le Québec et ses institutions, alors que nous avions justement besoin de talents et de compétences que nous n’avions pas encore développés nous-mêmes.

À la lumière de chacun de ces aspects, on voit bien que les filles et les fils de l’Afrique ont aidé le Québec à se définir et à grandir.

À exister davantage, si vous me permettez l’expression.

Mais comme le disait René Lévesque, pour qu’un peuple puisse durer valablement, il doit d’abord s’affirmer.

C’est ce que 17 pays africains ont fait, il y a aujourd’hui cinquante ans. Et c’est ce que nous, du Parti Québécois, voulons pour le Québec.

Nous pouvons apprendre les uns des autres.

Quand nous regardons les trajectoires des indépendances africaines depuis 50 ans, nous constatons qu’elles sont relativement différentes les unes des autres.

Mais ce sont des nations qui se sont prises en main.

Malgré tous les obstacles rencontrés pour s’émanciper de l’ère coloniale, c’est l’indépendance acquise dans les années soixante qui aura permis à ces peuples de s’extirper de plus de trois siècles d’immonde traite négrière et un siècle de colonisation. 

Certes, les défis de l’Afrique sont grands. La présence coloniale a laissé des traces. Dans certains cas, ce sont des institutions et une langue que nous avons en partage avec plusieurs peuples africains. Trop souvent, malheureusement, c’est un vide qu’elle a laissé, celui des ressources dont elle s’est servie.

Encore aujourd’hui, il y a une nécessité pour tous les pays d’Afrique de tenir fermement la barre de leur destin et de se réapproprier, lorsque ce n’est pas encore fait, le contrôle sur leur avenir. C’est vrai sur le plan économique. Et c’est toujours aussi essentiel sur le plan politique.

L’Afrique est riche également d’une jeunesse nombreuse, ambitieuse et audacieuse, déterminée à continuer de se développer au bénéfice, d’abord et avant tout, des Africains. Les perspectives qui s’ouvrent pour les peuples africains dans les prochaines années sont donc aussi diverses que complexes. Et je crois que le Québec, qui n’a pas de passé colonial en Afrique, mais une forte tradition de solidarité et de coopération avec le continent africain, se doit d’être au rendez-vous avec ses frères africains.

La relation du Québec et des pays africains n’en sera donc jamais une de subordination. Elle sera toujours marquée du sceau de la fraternité. Si, aujourd’hui, je vous promets que le Québec accompagnera l’Afrique sur le chemin de la prospérité, je souhaite également que l’Afrique nous accompagne sur le chemin de la souveraineté.

Ainsi, en avançant ensemble de façon solidaire, nous arriverons enfin à la liberté!

Oui, c’est ce que nous voulons.

La liberté pour chaque africain de réaliser ses rêves et d’exploiter son plein potentiel. La liberté pour tous les Québécois de décider pour eux-mêmes et d’atteindre de nouveaux sommets. Et pour y arriver, je souhaite tendre la main de façon particulière aux Québécois d’origine africaine, issus de toutes les communautés.

Vous les représentez aujourd’hui, je m’adresse à eux à travers vous. Vous nous inspirez, c’est pour cette raison que nous sommes ici aujourd’hui. Il faut dire au passage que vous êtes superbement représentés par mon collègue, Maka Kotto. Vous l’avez entendu tout à l’heure. Sa voix évoque le récit d’un peuple dont les racines se trouvent dans les confins de l’histoire. Ses paroles sont celles de tous ceux qui rêvent de liberté pour leurs enfants. Et sa contribution exceptionnelle à la vie publique m’amène à vous lancer l’invitation suivante.

Les enfants de l’Afrique peuvent être davantage que des immigrants dans la province de Québec. Ils doivent devenir partie prenante du peuple fondateur du pays du Québec! Ainsi, l’Afrique et le Québec continueront d’avancer ensemble. Au rythme des cœurs de milliers d’individus dont une partie de l’histoire personnelle s’est déroulée dans chacun de ces territoires. Nous ressortirons mutuellement grandis de chacun des succès de l’autre. Et, à jamais, nous resterons sœurs et frères.

C’est l’engagement que je prends aujourd’hui, comme chef du Parti Québécois. C’est la vision que je porterai lorsque je dirigerai le gouvernement du Québec. Et surtout, c’est le souffle qui fera battre notre drapeau fleurdelisé lorsqu’il ira rejoindre vos pavillons nationaux dans le ciel des nations libres et indépendantes!

Merci!