Nouvelle - 10 septembre 2009
Qui n’a pas entendu parler du Moulin à paroles cette semaine ? Annoncé depuis quelques mois, l’activité de commémoration du 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham, moment tragique de notre histoire nationale.
C’est en partie à cause de la réaction disproportionnée des libéraux que le brouhaha médiatique a été stimulé. Par l’entremise de son ministre Sam Hamad, le gouvernement Charest accuse les organisateurs du Moulin à paroles de faire l’apologie de la haine et du terrorisme parce que le manifeste du Front de libération du Québec sera lu. Un texte parmi 130 autres, dont le rapport Durham prônant l’assimilation des Canadiens-français dont le pouvoir politique était jugé nuisible par les Anglais souhaitant la mainmise sur les décisions importantes de la colonie.
Le Parti Québécois estime que les propos de Sam Hamad s’apparentent à de la censure. Les organisateurs ont demandé des excuses publiques, ce qu’a appuyé la chef du Parti Québécois, Pauline Marois.
Nier des faits historiques et vouloir les censurer, comme le fait le gouvernement Charest, ne doit pas être toléré. Contrairement à la reproduction de la bataille des plaine d’Abraham, qui se voulait une fête soulignant une défaite, la lecture du texte est, justement, une commémoration : cérémonie organisée pour conserver la conscience nationale d’un événement de l’histoire collective et de ses leçons. Il y a une différence fondamentale entre reconstituer une guerre et lire un texte parmi tant d’autres.
Par conséquent, le Parti Québécois a accepté l’invitation de s’associer au Moulin à paroles qui aura lieu du 12 au 13 septembre prochain sur les Plaines d’Abraham à Québec. Pauline Marois et le député de Borduas, Pierre Curzi, liront des textes lors de cette commémoration pacifique.