En autorisant Loto-Québec à exploiter le jeu en ligne, le gouvernement libéral de Jean Charest multiplie l’offre de jeu, avec l’intention avouée de cibler les jeunes adultes pour réaliser des bénéfices. « Le gouvernement Charest augmente l’offre de jeu. Le ministre Bachand a admis aujourd’hui qu’il cherchait à saisir une opportunité d’affaires. C’est extrêmement troublant », a dénoncé Danielle Doyer, députée de Matapédia et porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux.
Avec l’arrivée de l’Internet, la difficulté de contrôler l’offre est réelle. Or, si l’intention du gouvernement de canaliser le jeu vers une institution plus intègre et soucieuse comme Loto-Québec est louable, le gouvernement arrive un peu trop tard. Les habitudes de jeu sont déjà bien ancrées et il existe des centaines de sites Internet, intègres ou non.
D’ailleurs, observer les impacts sociaux de cette décision gouvernementale au fur et à mesure de son implantation plutôt qu’avant est un choix douteux des libéraux. La force publicitaire que pourra déployer Loto-Québec auprès de la clientèle cible, les jeunes adultes, est d’autant plus inquiétante.
« Jean Charest, qui poussait les hauts cris à l’époque, se disant préoccupé des impacts du jeu pathologique, cachait bien son jeu ! Le signal est assez clair : les conséquences du jeu pathologique et les préoccupations sociales qui en découlent sont reléguées au second plan. Ce qui compte, c’est l’opportunité d’affaires », a conclu Danielle Doyer en déplorant que la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, soit absente de la conférence de presse annonçant cette décision.
Questionnée à cet effet, alors qu’elle présentait jeudi aux médias la candidate à l’investiture du Parti Québécois de Vachon, Pauline Marois a rappelé que le gouvernement Charest a encore une fois fait ses choses dans son coin ; il n’a pas consulté les autorités de la santé publique pour leur demander leur avis... et que le Parti Québécois avait plutôt chercher à réduire l’offre de service.