Nouvelle - 26 mai 2009
Le député de Rousseau et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie et de finances, François Legault, dresse un bilan très mitigé de la commission parlementaire mandatée pour éclairer les Québécois sur les pertes historiques de 40 G$ de la Caisse de dépôt et placement du Québec en 2008.
« En février dernier, le gouvernement a refusé pendant des semaines de tenir cette commission parlementaire. Il a finalement cédé devant la pression. Or, au fil des audiences, nous avons vu que les dirigeants de la Caisse avaient le mandat d’en dire le moins possible aux parlementaires. Malgré tout, plusieurs nouveaux éléments ont ressurgi. Cela a soulevé de nouvelles questions fort pertinentes. L’évidence est palpable : le gouvernement libéral refuse de les aborder, de rendre disponibles des informations importantes et de convoquer des personnes au cœur des activités questionnables de la Caisse qui, rappelons-le, a pris trop de risques au détriment des épargnes des Québécois », a souligné François Legault.
Le député de Rousseau reproche au ministre des Finances, Raymond Bachand, de refuser l’accès à des informations névralgiques qui permettraient d’en connaître un peu plus, particulièrement concernant le papier commercial. « Alors que des avertissements formels étaient adressés à la Caisse sur la toxicité des PCAA non bancaires, des gens à la Caisse ont continué d’en acheter. Pourquoi ? Et pourquoi le ministre Bachand fait-il obstruction à la vérité ? Qu’a-t-il à cacher ? », se demande le député de Rousseau.
« Évoquer que la commission parlementaire aura duré 32 heures pour refuser d’aller plus loin n’est pas très sérieux. C’est moins d’une heure pour chaque milliard perdu. Le gouvernement libéral semble l’oublier, mais il s’agit de pertes historiques de 40 G$ pour une seule année et dont on connaît à peine les conséquences financières pour tous les Québécois qui, tôt ou tard, devront payer pour cette mauvaise gestion », a insisté M. Legault.
Il a souligné que l’annonce faite aujourd’hui par le ministre Bachand, à l’effet que la Caisse devra rendre des comptes annuellement en commission parlementaire, n’est rien de nouveau. « Une telle reddition de comptes est la moindre des choses. Mais les citoyens, ce qu’ils demandent aux parlementaires, ce n’est pas que les dirigeants viennent quatre heures au Parlement : ils veulent que leurs élus trouvent des réponses à ce qui s’est passé en 2008 et qu’ils déterminent les balises qui éviteront la répétition de cette catastrophe. Les six mesures annoncées par Raymond Bachand sont risibles et ne permettront pas de corriger ce qui est arrivé en 2008 », a ajouté François Legault.
Une enquête du Vérificateur général s’impose
Devant le refus du gouvernement libéral de rendre disponibles certaines informations et d’entendre des personnes-clés à la Caisse concernant les PCAA, le Parti Québécois réclame une enquête du Vérificateur général.
« Perdre 40 G$ de l’épargne des Québécois n’est pas sans conséquence. Or, le gouvernement libéral le nie encore aujourd’hui et veut passer à autre chose. Pour passer correctement à autre chose, il faut savoir ce qui s’est véritablement passé ; ce n’est pas le cas au terme de cette commission parlementaire. Le Vérificateur général doit donc obtenir rapidement un mandat de faire une enquête complète », a insisté François Legault.
Un comité de sages non partisan pour les recommandations
Le Parti Québécois propose également la création d’un comité de sages non partisan qui aurait pour mandat de faire des recommandations sur la gouvernance de la Caisse et des modifications qui pourraient être apportées à la loi pour établir des règles prudentielles. « Par exemple, devrait-il y avoir un plafond pour l’utilisation de l’effet de levier et de produits financiers de nature spéculative ? Est-ce que le sous-ministre du ministère des Finances devrait revenir au conseil d’administration de la Caisse ? Voilà des éléments sur lesquels pourrait se pencher le comité de sages et apporter ses commentaires et recommandations », a ajouté le député de Rousseau.
Le comité de sages aurait également le mandat de se pencher sur la mission de la Caisse dans l’économie québécoise et son rôle pour essayer de protéger les sièges sociaux de grandes entreprises québécoises. « Depuis que Jean Charest et son gouvernement ont changé la mission de la Caisse en 2004, on constate l’effritement de la Caisse dans l’économie du Québec. Le gouvernement libéral semble avoir oublié pourquoi la Caisse a été créée à l’époque par de véritables grands bâtisseurs comme Jean Lesage et Jacques Parizeau », a conclu François Legault.