Skip to Navigation

Nouvelle - 25 mai 2009

Dépenses extravagantes du président de la SODEC : le Parti Québécois avait prévenu le gouvernement

Encore un ami des libéraux qui fait les manchettes... pour les mauvaises raisons. Jean-Guy Chaput, président-directeur général de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), a été épinglé par le Vérificateur général pour ses « dépenses somptueuses » et son « utilisation non économique des fonds publics ». Pourtant, le Parti Québécois a sonné l’alarme sur les comptes de dépenses de M. Chaput il y a trois ans !

Après l’étude du Vérificateur général, on constate en réalité que depuis 2003, soit depuis l’élection des libéraux, les frais de déplacement sont en hausse constante et ont presque doublé. Interrogé à l’aéroport en rentrant au pays, Jean-Guy Chaput était visiblement irrité et a rétorqué : « J’ai la même maudite chambre que l’autre avant moi allait dedans [sic] ». Peut-être...

N’empêche qu’à l’étranger, la SODEC et ses fonctionnaires s’en donnent à cœur joie ;

  • Une chambre d’hôtel à 1330 euro la nuit avec vue sur la mer pour M. Chaput à Cannes cette année ;
  • Des factures de 80 000 $ justifiées par deux mots bien peu précis, « prestations, restauration » ;
  • Un paiement de 120 000 $ à un fournisseur, sans égard aux procédures d’appel d’offres requis pour les dépenses de plus de 25 000 $,
  • 3000 $ de repas de midi au Festival de Cannes, sans factures à l’appui,
  • 200 000 $ de dépenses inscrites dans des subventions versées aux artistes, etc.

Était-ce prévisible ? Chose certaine, ces dépenses indues des fonds publics auraient pu être évitées. En direct de Cannes, Maka Kotto, député de Bourget et porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et de communications, a réclamé que les ministres Line Beauchamp et Christine St-Pierre s’excusent pour leur manque de vigilance quant aux dépenses extravagantes du président de la SODEC, Jean-Guy Chaput.

« Dès le printemps 2006, le Parti Québécois a sonné l’alarme sur les comptes de dépenses de M. Chaput. La ministre de la Culture de l’époque, Line Beauchamp, avait affirmé en commission parlementaire le 28 avril que ces frais iraient en diminuant au fil des années. C’est exactement le contraire qui s’est produit ! Est-ce qu’elle n’a pas voulu faire de suivi sur les dépenses du président de la SODEC parce que c’est elle qui l’a nommé et parce qu’elle ne voulait pas surveiller son ancien collaborateur ? », se demande M. Kotto.

Or, l’actuelle ministre de la Culture, Christine St-Pierre, en poste depuis maintenant deux ans, n’a rien fait, elle non plus, pour s’assurer d’une dépense juste de l’argent des contribuables. « Il est inconcevable que de l’argent destiné aux artistes ait été détourné et que la ministre de tutelle n’ait pas assuré un suivi serré », a poursuivi le député de Bourget.

Heureusement que le premier ministre a confirmé que M. Chaput ne sera pas reconduit dans ses fonctions au terme de son mandat, le 2 octobre. M. Chaput aura-t-il la décence de quitter ? La ministre St-Pierre ne l’y forcera pas. Par ailleurs, Jean Charest ne propose toujours pas de moyen pour éviter que d’une telle situation, comme beaucoup d’autres dévoilées dans les dernières semaines au sujet des FIER ou de ministres, ne se reproduise.

Le Parti Québécois estime qu’il serait opportun d’adopter une loi pour protéger toute personne ayant connaissance d’abus et de pouvoir le dénoncer sans danger. « Sans savoir si c’est le cas à la SODEC, le projet de loi présenté récemment par mon collègue Sylvain Simard en ce sens a toute sa raison d’être et doit être adopté », a ajouté Maka Kotto.

« Le scandale, ce n’est pas d’aller à Cannes. Il faut appuyer nos artistes et faire la promotion de notre culture. Le scandale, c’est l’extravagance, le luxe à outrance ; c’est de voyager sans compter. C’est ça qui est en cause et qui est inacceptable », a‑t-il conclu