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Nouvelle - 25 août 2010

Commission Bastarache : trop peu, trop tard

Alors que commence la deuxième journée d'audiences de la Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges, la mécanique semble installée : un combat de crédibilité entre l’ancien ministre de la Justice Marc Bellemare et le premier ministre Jean Charest. Il y a fort à parier qu’on ne saura jamais le fond des choses, puisque le mandat de cette commission Bastarache est trop étroit. D’où la nécessité de tenir une enquête publique sur l’industrie de la construction, le financement des partis politiques.

Comme l’a dit Véronique Hivon en point de presse, porte-parole de l’opposition officielle en matière de Justice, hier, « les allégations ne concernent pas seulement la nomination des juges. Elles concernent aussi l’octroi de places en garderies et de contrats de construction des routes. Il faut une enquête publique plus large pour faire la lumière et obtenir la vérité ».

En effet, Marc Bellemare nommé six personnes, mardi, lors de son témoignage, dont les souhaits auraient été comblés sur décision du premier ministre ou qui auraient bénéficié de telles décisions indues. Toujours selon les affirmations de M. Bellemare, « d’importantes sommes d’argent liquide passaient d’organisateurs libéraux à des permanents du parti ». Après la nomination des juges, l’argent, donc. L’intégrité du premier ministre est remise en cause.

Bien sûr, Jean Charest nie tout. D’où la bataille de crédibilité entre les deux hommes. D’ailleurs, on apprend sur Twitter que le témoignage de Marc Bellemare se poursuivra lundi et mardi.

Somme toute, comme l’écrit Josée Boileau dans son éditorial Commission Bastarache – Dieu, le roi et nous, « même si on arrive à embrouiller Marc Bellemare avec des histoires d'agendas et de dates, cette impression d'une démocratie malade est maintenant indélébile ».

La seule manière de rétablir la confiance des Québécoises et des Québécois en notre démocratie est de lui attribuer un traitement choc : une enquête publique sur l’industrie de la construction, l’octroi de contrats gouvernementaux et le financement des partis politiques.

 

Vous pouvez suivre les audiences en direct et consulter les transcriptions
sur le site de la Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges au
http://www.cepnj.gouv.qc.ca/

 

Dossier : Enquête publique sur l'industrie de la construction

Forts de l’appui de la majorité des Québécois, nous continuons à réclamer une commission d’enquête publique sur la construction. C’est le seul moyen de faire toute la lumière sur les allégations qui entachent la réputation de toute une industrie.

Pendant que le gouvernement Charest investit des milliards dans les infrastructures, il continue de tolérer qu’environ 30% des sommes soient détournées par des activités de collusion et de corruption.

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