Nouvelle - 1er novembre 2011
À l'occasion de la commémoration du décès de René Lévesque, la chef de l'opposition officielle Pauline Marois, accompagnée de plusieurs députés, s'est engagée à poursuivre l'œuvre de M. Lévesque.
Voici ce qu'elle a dit.
La version prononcée fait foi.
« Je suis déterminée à poursuivre l'oeuvre de René Lévesque »
« Nous sommes réunis aujourd’hui en souvenir du fondateur de notre parti : René Lévesque.
« On s’en souvient comme d’un homme plus grand que nature. Je l’ai connu et je peux vous dire que grand, il l’était.
« Ce que je retiens principalement de ce qu’il nous a légué, c’est la nationalisation de l’électricité; la loi sur le financement des partis politiques; la loi 101, mais surtout, son combat pour faire du Québec un pays souverain, un pays libre, un pays normal.
« Nous devons nous inspirer du fondateur de notre parti. D’abord pour nous souvenir que la montée en puissance de nos idées n’a pas toujours été facile.
« M. Lévesque a dû se battre de longues années avant d’être capable de changer le Québec en atteignant le pouvoir. Il l’a fait une première fois au début des années soixante en présidant à la nationalisation de l’électricité.
« Nous allons poursuivre son œuvre dans le domaine des richesses naturelles en reprenant le contrôle de nos affaires. Ces richesses sont à nous, à tous les Québécois de toutes les générations. Ce sont donc les Québécois qui doivent en être les premiers bénéficiaires.
« En 1976, la première chose que M. Lévesque voulait faire en arrivant au pouvoir, c’était de mettre fin au financement occulte des partis politiques. Il a fait adopter une loi sur le financement des partis qui a contribué à nettoyer les mœurs politiques. Il avait en horreur la corruption, le trafic d’influence et le copinage.
« Nous allons poursuivre son œuvre en réduisant les dons aux partis politiques à un maximum de 100 $. J’invite tous les autres partis à s’inspirer de René Lévesque et à nous emboîter le pas.
« Nous allons également continuer à exiger la tenue d’une véritable commission d’enquête. Il faut que le Québec redevienne un exemple d’éthique publique dans le monde, comme l’a voulu M. Lévesque.
« C’est sous le premier gouvernement du Parti Québécois que la Charte de la langue française a été adoptée. Depuis, la Charte de Trudeau a été utilisée par les adversaires du Québec pour affaiblir la loi 101.
« Nous allons y remédier en adoptant une loi 101 refaite à neuf et à laquelle nous allons ajouter une charte de la laïcité et une loi instaurant la citoyenneté québécoise.
« Le premier gouvernement du Parti Québécois nous a donné beaucoup de fierté. Nous devons retrouver cet esprit en affirmant haut et fort notre identité comme peuple.
« Si M. Lévesque était parmi nous, il serait sans doute horrifié de voir le gouvernement Harper en action. La monarchie omniprésente, la réduction du poids politique du Québec, la suffisance et cette perte sèche de plusieurs milliards avec le contrat des navires fédéraux.
« Peut-être utiliserait-il une de ses expressions favorites pour décrire les membres de ce gouvernement conservateur comme des Rhodésiens… ou peut-être reprendrait-il les vers de Miron pour nous dire, je cite :
Nous avons certes fait beaucoup de chemin, d'immenses progrès. Je ne vois cependant pas que la situation ait fondamentalement changé parce que nous n'avons pas été jusqu'au bout.
« Nous nous sommes en effet embarqués pour un long voyage. En visant une destination comme l’indépendance du Québec, on sait que ce sera difficile, que nous traverserons des tempêtes. Nous n’y arriverons jamais si nous abandonnons à chaque écueil, si nous nous décourageons devant chaque obstacle. On doit se battre. C’est ce que M. Lévesque nous a montré.
« De sa démission du Parti libéral en 1967 et jusqu’à la victoire du Parti Québécois en 1976, M. Lévesque a surmonté bien des obstacles, il est passé à travers de nombreux revers. Bien des gens auraient lâché prise, se seraient découragés, auraient abandonné. Pas lui.
« M. Lévesque fut un exemple de courage, de persévérance, de détermination. Pas seulement pour nous, mais pour l’ensemble du peuple québécois. Il nous a entre autres permis de vaincre certaines de nos peurs. Inspirons-nous de lui pour vaincre les peurs qui demeurent en nous.
« En ce moment, nous sommes entravés dans un système fédéral qui nous dessert. Nous sommes aux prises avec un gouvernement libéral à bout de souffle, empêtré dans les scandales.
« Mais le Québec ne se résume pas à la corruption et au gouvernement libéral. Il est temps de sortir de la morosité actuelle. Le Québec doit retrouver sa fierté. Nous devons reprendre l’offensive face à Ottawa en nous tenant debout, fièrement. Faire avancer le Québec sans attendre. Il faut nous battre et avancer. Se donner un élan qui nous permettra de construire une nouvelle majorité souverainiste.
« Nous en sommes capables. Ça ne dépend pas que de moi, que du Parti Québécois. Ça dépend de nous. Ça dépend de nous, les Québécois, des plus jeunes comme des plus vieux.
« Nous avons certes fait beaucoup de chemin, d'immenses progrès.
« Nous devons à nos prédécesseurs et au premier chef à René Lévesque de continuer à nous battre pour le Québec. À nous battre pour cette idée de liberté qui fonde notre existence. Nous sommes là pour améliorer la vie des Québécois. Et le moyen le plus sûr d’y arriver, c’est que les Québécois puissent eux-mêmes prendre toutes leurs décisions.
« M. Lévesque, vous pouvez compter sur nous. Nous allons continuer. Peu importe le temps et les moyens que ça prendra. Nous irons jusqu’au bout de notre voyage. Nous nous battrons jusqu’à atteindre notre destination, l’indépendance.
« Merci. »
Visionnez la vidéo intégrale du mot de Pauline Marois et
consultez le communiqué de presse.