Nouvelle - 12 février 2010
« Alors qu’à Copenhague, Jean Charest et sa ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, ont entretenu l’impression qu’ils critiquaient le Canada pour l’exploitation des sables bitumineux, le Parti Québécois est abasourdi d’apprendre que le gouvernement du Québec entend mener une mission commerciale en Alberta afin de saisir l’opportunité d’affaires que constituent les sables bitumineux. C’est le comble de l’incohérence ! La ministre Beauchamp doit des explications aux Québécois. »
C’est ce qu’a déclaré le député de L’Assomption et porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement, Scott McKay, après qu’il eut appris l’organisation d’une mission économique par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation en territoire albertain du 22 au 25 mars 2010.
« Nous ne sommes pas contre les missions commerciales, mais dans le cas présent, faire la promotion de l’investissement dans les sables bitumineux nous apparaît contradictoire, non seulement avec l’esprit des propos que le premier ministre tenait au Sommet de Copenhague mais également avec le consensus québécois en faveur d’un développement énergétique renouvelable, vert et durable », a poursuivi M. McKay.
Retombées économiques : des miettes pour le Québec et le pactole pour les autres
De son côté, le député de Nicolet-Yamaska et porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique, Jean-Martin Aussant, tient à rappeler que pendant que l’Alberta profite de l’augmentation du prix du pétrole, l’économie du Québec en souffre. Il estime que le Québec ramasse les miettes alors qu’il aurait avantage à développer ses propres stratégies économiques basées sur des énergies renouvelables. Les intérêts économiques des Québécois sont aux antipodes des sables bitumineux. « Pendant que le ministre Clément Gignac dort au gaz et laisse filer en Ontario plus de 7 milliards de dollars d’investissements de la multinationale Samsung en énergies vertes, notamment dans les secteurs éolien et solaire, il incite les entreprises québécoises à participer aux sables bitumineux. C’est la mauvaise voie pour développer le Québec », a déclaré Jean-Martin Aussant.
L’opposition officielle réclame des explications de la ministre de l’Environnement. Comment peut-elle accepter qu’une telle mission, organisée par son gouvernement, puisse se tenir. Le député McKay rappelle également que le Québec et ses entreprises doivent déjà compenser pour les émissions exponentielles de GES provenant des sables bitumineux de l’Ouest. « La semaine dernière, discrètement, la ministre Beauchamp a annoncé que le Québec a connu une hausse de ses émissions de gaz à effet de serre en 2007. Aujourd’hui, on apprend que son gouvernement entend faire des affaires avec la principale source d’augmentation des GES, l’exploitation des sables bitumineux. Comment peut-elle expliquer aux Québécois cette contradiction entre son discours et ses gestes ? Comment peut‑elle demander aux citoyens de modifier leurs comportements alors que son gouvernement se complait dans le statu quo ? », a conclu Scott McKay.