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Nouvelle - 13 avril 2010

« Allégations de Marc Bellemare : La commission Bastarache est créée », par Radio-Canada.ca

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a donné mercredi les détails de la commission d'enquête instituée à la suite des allégations de trafic d'influence formulées par l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare. Cette commission sera présidée par l'ancien juge de la Cour suprême du Canada Michel Bastarache, récemment retraité.

En conférence de presse, le premier ministre Charest a expliqué que le gouvernement avait choisi l'ex-juge Bastarache justement parce qu'il n'avait pas été nommé au Québec, et que cela lui conférait une certaine indépendance.

Son mandat sera d'examiner le processus de nomination des juges, et surtout l'influence qu'auraient pu exercer de tierces personnes sur ce processus. Il n'est donc pas question d'enquêter sur le financement du Parti libéral.

En entrevue à RDI, l'ex-juge Bastarache a expliqué qu'il n'avait pas la possibilité ni l'intention de modifier le mandat de la commission d'enquête.

Il a affirmé qu'il ferait tout en son possible pour remplir son mandat en six mois, tel que demandé.

L'opposition veut un mandat plus large

Le porte-parole du Parti québécois, Stéphane Bédard, a déclaré que la crise actuelle était renforcée par le rôle « anecdotique » joué par l'actuelle ministre de la Justice, Kathleen Weil.

M. Bédard a soutenu que le premier ministre Charest n'avait plus l'autorité morale de refuser aux Québécois la tenue d'une commission d'enquête élargie sur le financement politique et son influence.

En point de presse, tant le chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, que le député de Québec solidaire, Amir Khadir, ont réclamé que Me Bastarache élargisse le champ d'action de cette commission d'enquête.

M. Deltell a affirmé que l'ex-juge de la Cour suprême avait l'obligation morale d'examiner toute l'influence que pourraient avoir des collecteurs de fonds libéraux sur l'exercice du pouvoir, et non seulement sur la nomination des juges.

M. Deltell et M. Khadir ont jugé que le premier ministre Charest devrait abandonner son idée de poursuivre le citoyen Marc Bellemare.

Le premier ministre avait en effet envoyé une mise en demeure à Marc Bellemare, le sommant de se rétracter avant 16 h mercredi. Jean Charest a indiqué en conférence de presse qu'une plainte devrait maintenant être déposée contre M. Bellemare, puisque celui-ci a déjà indiqué qu'il ne retirerait pas ses propos, et a même contacté la SQ pour faire une déposition.

Allégations de trafic d'influence

Dans une entrevue diffusée lundi à Radio-Canada, Marc Bellemare a affirmé qu'il avait été au centre d'un trafic d'influence pour la nomination de juges.

M. Bellemare soutient avoir reçu des pressions de la part d'un collecteur de fonds qu'il avait vu précédemment échanger de l'argent comptant avec un permanent du Parti libéral du Québec. Il dit s'être plaint de la situation à Jean Charest.

M. Charest a défendu son intégrité et celle du Parti libéral et a nié que le ministre Bellemare l'ait mis au courant de ces irrégularités à deux reprises.

Un appui et un démenti

Une autre source gravitant depuis longtemps autour du monde du travail et de l'appareil gouvernemental est venue mardi appuyer les déclarations de l'ex-ministre Bellemare sur des pratiques douteuses de financement du Parti libéral du Québec. Cette personne très reconnue dans son milieu a accepté de témoigner de façon anonyme en lisant une déclaration au téléphone.

En revanche, l'entrepreneur à la retraite Franco Fava, dont le nom est apparu mardi dans les médias, nie être l'un des collecteurs de fonds visés par les allégations de Marc Bellemare, qu'il menace d'ailleurs de poursuites. Il reconnaît tout de même avoir été consulté avant certaines nominations de hauts fonctionnaires, comme celle du secrétaire général du gouvernement, Gérard Bibeau.

 

Source : Radio-Canada.ca

 

Dossier : Enquête publique sur l'industrie de la construction

Forts de l’appui de la majorité des Québécois, nous continuons à réclamer une commission d’enquête publique sur la construction. C’est le seul moyen de faire toute la lumière sur les allégations qui entachent la réputation de toute une industrie.

Pendant que le gouvernement Charest investit des milliards dans les infrastructures, il continue de tolérer qu’environ 30% des sommes soient détournées par des activités de collusion et de corruption.

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