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Nouvelle - 28 mai 2010

20 ans après l'échec de l'accord du lac Meech, la faillite constitutionnelle des fédéralistes coûte cher aux Québécois

Le gouvernement libéral de Jean Charest ne veut pas rouvrir le débat constitutionnel. C’est ce qui est clairement ressorti d’une interpellation à l’Assemblée nationale, vendredi matin. Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Robert Dutil, est allé au front pour le gouvernement libéral... Il a une fois de plus répété que les demandes constitutionnelles du gouvernement du Québec ont été « mises en veilleuse ».

« L’absence de demandes et de rapport de force a des conséquences importantes pour le Québec et pour toute la population québécoise ! Jamais n’a-t-on vu dans l’histoire du Québec un gouvernement admettre d’emblée qu’il n’a plus de demandes constitutionnelles et accepter ainsi le statu quo ! Le gouvernement Charest se contente d’une motion symbolique de la Chambre des communes qui reconnaît le Québec comme nation mais qui ne change rien dans les faits », a déclaré Alexandre Cloutier, député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes.

La reconnaissance symbolique de la nation québécoise n’a rien donné et n’a pas aidé à régler les nombreux litiges avec le gouvernement fédéral :

  • Plus de 8 milliards de dollars en litiges financiers, dont le refus de verser une compensation équitable au Québec pour l’harmonisation des taxes ;
  • Le refus du fédéral à négocier la souveraineté culturelle du Québec, malgré quatre demandes formelles du gouvernement du Québec ;
  • L’entêtement d’Ottawa à vouloir déménager à Toronto l’Autorité des marchés financiers ;
  • L’absence de protection du poids de la nation québécoise à la Chambre des communes ;
  • Les tentatives répétées du gouvernement Harper de modifier le Sénat sans le consentement du Québec ;
  • Le refus de signer avec le Québec une entente semblable à Terre-Neuve et la Nouvelle‑Écosse relative à l’exploration et l’exploitation pétrolière et gazière dans la partie québécoise du golfe du Saint-Laurent ;
  • La volonté fédérale d’abolir le registre des armes à feu ;
  • L’absence de participation du Québec à la nomination des juges à la Cour suprême du Canada ;
  • L’impossibilité pour le Québec de faire valoir sa position sur les changements climatiques sur la scène internationale, le Canada étant seul à parler en notre nom dans les grands forums internationaux.

Le seul argument libéral actuel demeure la signature d’ententes administratives - même si le Québec obtient moins de choses que les autres ! « Pourquoi le Québec ne parvient-il pas à signer une entente pour l’harmonisation de la taxe de vente alors que d’autres provinces ont réussi ? », a fait remarquer M. Cloutier.

L’à-plat-ventrisme du gouvernement Charest et l’absence de demandes constitutionnelles de sa part coûtent cher aux Québécois. « Le manque d’ambition du Parti libéral du Québec dirigé par Jean Charest n’est pas à la hauteur des attentes et des intérêts des Québécois. Jamais Robert Bourassa ou Jean Lesage n’aurait pu cautionner une telle inertie dans le seul but de préserver les intérêts du fédéral », a conclu Alexandre Cloutier.