Communiqué - 21 juin 2010
Québec – Le député de Chambly et porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, et la députée de Joliette et porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice, Véronique Hivon, trouvent totalement inadmissible de constater que le manque d’effectifs policiers a pour effet de laisser en plan des victimes d’agressions sexuelles.
Le président de la Fraternité des policières et policiers du Service de police de la Ville de Montréal, Yves Francoeur, a en effet affirmé que le manque d'effectifs de la police de Montréal ralentit le traitement de dossiers, notamment ceux d'agressions sexuelles, ce qui a fait réagir le député de Chambly. « Il est affligeant de constater qu’une fois une plainte déposée et enregistrée pour agressions sexuelles, la procédure qui veut que le plaignant soit rappelé dans les 24 heures et rencontré par la police dans les 48 heures ne puisse être respectée, faute d’effectifs suffisants ».
« De plus, a-t-il ajouté, on me dit qu'il y a actuellement sept enquêteurs de moins aux agressions sexuelles et que plus de 200 plaintes de ce type sont présentement sur la glace à Montréal, certaines remontant à janvier ou février derniers », a poursuivi le député de Chambly.
« Le 11 juin dernier, mes collègues Véronique Hivon, Stéphane Bédard et moi-même avons questionné à plusieurs reprises les ministres de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et de la Justice, Kathleen Weil, sur ce manque d’effectifs. Nous n’avons obtenu aucune réponse de ce gouvernement. Le ministre de la Sécurité publique doit immédiatement prendre des mesures et s'assurer que les policiers de Montréal puissent traiter rapidement et adéquatement ces dossiers particulièrement délicats », a ajouté M. St-Arnaud.
« La ministre de la Justice a lancé le 16 avril dernier en grande pompe une ligne téléphonique et une campagne de publicité au coût de 1,2 million $ invitant les victimes à briser le silence et à porter plainte. Pour que ces gestes soient considérés comme autre chose que de la poudre aux yeux, encore faut-il que l’on s’assure, avant de les lancer, que tous les moyens sont mis en œuvre pour accompagner correctement les victimes qui trouvent le courage de dénoncer. Or, on apprend que des victimes qui ont porté plainte, parfois après plusieurs années de souffrance en silence, se font ensuite dire que l’on ne peut pas s’occuper d’elles, faute de temps et de moyens », s’est indignée la députée de Joliette.
« La ministre de la Justice doit exiger immédiatement de son collègue de la Sécurité publique que les services policiers possèdent les ressources nécessaires pour traiter les plaintes pour agressions sexuelles. Ou c’est une priorité, ou ça ne l’est pas! Les victimes de tels actes méritent bien plus de considération que ce que ne leur témoigne ce gouvernement. La ministre de la Justice a une responsabilité morale dans ce dossier, qu’elle assume enfin son rôle! », a conclu Mme Hivon.