Communiqué - 20 novembre 2008
Montréal, le 20 novembre 2008 – « La culture est la pierre d’assise de l’identité québécoise et mérite d’être appuyée avec force et conviction. Elle ne doit pas être mal défendue, comme Jean Charest le fait, alors qu’il s’est fait dire non par M. Harper au cours de la dernière campagne électorale fédérale sur son projet d’entente administrative. Il a lamentablement échoué pour défendre les intérêts du Québec. Nous, au Parti Québécois, réclamons tous les pouvoirs et toutes les sommes y correspondant pour que la culture québécoise puisse s’épanouir à l’abri du pouvoir d’Ottawa. C’est notre responsabilité et notre engagement envers les Québécois », a affirmé d’entrée de jeu Pauline Marois en présentant les engagements de son parti en matière culturelle. Les candidats Pierre Curzi (Borduas), Maka Kotto (Bourget), Yves‑François Blanchet (Drummond), Daniel Turp (Mercier), Louise Beaudoin (Rosemont) et Marie Malavoy (Taillon) étaient présents lors de cette conférence de presse.
Rapatrier du fédéral les compétences et les budgets en culture pour le Québec
« Stephen Harper a envoyé hier un message clair à la population québécoise. Il se balance complètement de notre culture, a déclaré Pauline Marois. Eh bien ! Dans ce cas, qu’il entreprenne dans les plus courts délais un transfert complet des responsabilités en matière de culture. C’est ce que le Parti Québécois commencera à négocier au lendemain de son élection. Jean Charest continue de démontrer son impuissance politique pour défendre les intérêts du Québec. D’ailleurs, son Conseil de la fédération a déjà démontré l’incapacité de ce pays à répondre à nos aspirations les plus légitimes », a-t-elle poursuivi.
Le gouvernement du Québec doit être le seul maître d’œuvre du financement public de la culture. Ainsi, il doit rapatrier toutes les sommes, actuellement sous contrôle fédéral, qui servent au financement des milieux culturels. Ce rapatriement vise les programmes culturels de Patrimoine Canada, Téléfilm Canada, l’ONF, le Conseil des arts du Canada et le CRTC. Le Parti libéral du Québec a abandonné la position historique du gouvernement du Québec dans ce dossier. Pourtant, il y a un mois à peine, Jean Charest parlait de « souveraineté culturelle » pour le Québec.
D’ici à ce que le Québec obtienne la compétence exclusive en matière de culture et à défaut d’un revirement du fédéral, il faut prévoir des mesures pour pallier les coupes du fédéral dans les budgets en culture. Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à compenser les coupes fédérales. Chacun des dossiers sera étudié par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour s’assurer que les projets des organismes culturels et des artistes du Québec ne soient pas compromis. Ces projets visent la diffusion des arts au Québec et à l’international ainsi qu’au développement de la culture dans les régions du Québec.
Renforcer le statut de la langue française
Tel que présenté il y a un an, le projet de loi 195 prévoyait un renforcement du statut de la langue française sur le territoire québécois. Douze mois plus tard, l’état de la situation de la langue française à Montréal est toujours aussi préoccupant et inquiétant. « Et c’est le rôle de l’État de s’assurer que l’utilisation du français comme langue de l’administration dans les relations de l’État avec les entreprises et les citoyens soit la règle », a affirmé Pauline Marois. Nous mettrons aussi en place des mesures spécifiques pour franciser les entreprises et commerces (1 à 50 employés). Pour aider ces entreprises dans leurs démarches, des mesures fiscales incitatives seront mises en place. Tout nouvel arrivant aura accès aux ressources nécessaires pour apprendre le français dès son arrivée au Québec. L’apprentissage du français sera un droit pour les nouveaux arrivants ».
« Promouvoir le français a toujours été au cœur du projet du Parti Québécois. Aujourd’hui, encore une fois, nous démontrons que nous sommes le seul véritable parti qui puisse promouvoir la langue française et qui entend prendre les moyens pour le faire », a indiqué Pauline Marois.
Accentuer le rayonnement du Québec à l’étranger
Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à doter le Québec d’une véritable politique d’aide à l’exportation des œuvres culturelles produites au Québec, des talents québécois et de toutes autres initiatives visant la promotion de notre culture à l’étranger. Cette politique, à l’instar de la politique d’exportation en matière d’industrie et de commerce dont le Québec s’est doté, favoriserait les investissements pour l’exportation de nos biens culturels. Le Québec doit élargir ses marchés d’exploitation pour favoriser l’emploi des artistes et des artisans, pour développer l’industrie culturelle québécoise et pour faire la promotion de sa culture partout dans le monde.
Selon le CALQ, la présence des organismes sur les marchés étrangers permet de prolonger la durée de vie des productions, de les rentabiliser en amortissant considérablement les coûts de production, d’augmenter le nombre et le montant des cachets versés aux artistes et concepteurs et, par conséquent, d’améliorer les conditions socioéconomiques des artistes et écrivains professionnels.
« Les artistes sont les premiers ambassadeurs du Québec, ils sont notre carte de visite et stimulent à cet égard le tourisme international et l’intérêt en général pour nous, a rappelé Pauline Marois. C’est, à nos yeux, la moindre des choses de les appuyer adéquatement ».
Jeunes créateurs
Le budget du programme des jeunes créateurs de la SODEC est en baisse depuis 2002-2003 et s’établit aujourd’hui à 1,5 M$. En ce moment, près de 9 projets sur 10 soumis dans le cadre de ce programme sont refusés faute de financement. Le Parti Québécois s’engage à doubler le budget de ce programme afin de donner une chance aux jeunes cinéastes québécois de 18 à 35 ans de réaliser des projets comme scénaristes, réalisateurs et producteurs et d’ainsi développer une relève pour le cinéma d’ici.
SODEC
Le Parti Québécois haussera de 8,5 M$ l’enveloppe de la SODEC pour le cinéma et la production de longs métrages afin que davantage de projets québécois puissent voir le jour.
Chaque élève en contact avec la culture
Le Parti Québécois s’engage à accentuer le rapprochement entre les milieux scolaire et culturel. Il est essentiel que chaque écolier des niveaux primaire et secondaire participe à au moins une activité culturelle par année, notamment, le théâtre, la musique, la danse, les musées, le cinéma, etc. Nous nous inspirerons des bonnes pratiques qui ont déjà eu cours dans plusieurs milieux en visant à les rendre systématiques pour l’ensemble des écoles, dans toutes les régions du Québec. Nous doublerons le budget de ce programme.
Une loi sur le patrimoine culturel
Le Parti Québécois s’engage à poursuivre la modernisation de la Loi sur les biens culturels et à mettre en œuvre un plan d’action afin de sauvegarder le patrimoine culturel matériel et immatériel du Québec. Ainsi, la loi serait étendue aux paysages ainsi qu’au patrimoine immatériel, comme la tradition orale et les coutumes par exemple. Ainsi, les actions ayant un impact sur ce patrimoine tomberaient sous l’égide de la loi et de la Commission des biens culturels du Québec.
Le Parti Québécois s’engage en outre formellement à maintenir tout au long de son mandat un ratio de 1 % du budget du gouvernement du Québec aux arts et à la culture.
« Contrairement au Parti libéral, le Parti Québécois propose un véritable plan culturel qui en stimulera le développement et qui bénéficiera à l’ensemble du milieu culturel et en particulier aux artistes. Le milieu culturel québécois représente une richesse incomparable pour la nation québécoise, il contribue à déterminer qui nous sommes et qui nous voulons être. Notre langue, nos arts, nos valeurs, notre vision du monde, voilà la contribution que le Québec offre au monde. C’est comme ça qu’on construit un Québec gagnant », a conclu Pauline Marois.
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Source : Parti Québécois
Renseignements : Manuel Dionne : 514 526-7909