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Communiqué - 9 décembre 2010

Projet de loi 127 : la loi du dédoublement se poursuit

Québec – Après avoir pris connaissance du projet de loi 127 déposé aujourd’hui à l’Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, la députée de Taschereau et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Agnès Maltais, considère que le gouvernement libéral trompe la population en laissant entendre que le système de santé sera grandement amélioré.

« J’aurais aimé applaudir le ministre Bolduc, mais force est de constater qu’il rate la cible. Plutôt que de dégraisser les structures, le ministre fait exactement le contraire. On ajoute de la bureaucratie, on dédouble les contrôles et la paperasse. Il n’y a rien sur la révision des mandats des différents paliers. Bref, les grands perdants sont les citoyens. Rien dans ce projet de loi ne permet de dire qu’il y aura une amélioration de l’accès aux soins. Affirmer une telle chose relève de la fumisterie », a déclaré Agnès Maltais.

Elle estime que le ministre Bolduc a manqué de courage en adaptant, à la marge, certains aspects de la Loi sur la gouvernance. « Il y a un réel problème de bureaucratie dans le réseau de la santé. Les établissements de santé passent un temps fou à remplir des formulaires exigés par le ministère et par les agences. Ce qu’il fallait, c’est un vrai débat sur le rôle de chacun des paliers de gouvernance dans le but de réaliser des économies qui auraient pu être réinvesties dans les soins aux patients », a-t-elle ajouté.

Favoriser une reddition de comptes basée sur les résultats et non sur des dédoublements

Le projet de loi prévoit des dispositions pour accroître encore davantage la reddition de comptes des établissements. À titre d’exemple, à l’instar du ministère et des agences, on demandera désormais aux établissements de santé de préparer un plan stratégique pluriannuel qui sera revu par les deux autres paliers! Souvent, les agences demandent les mêmes statistiques et les mêmes rapports que le ministère. Conséquence : et les agences et le ministère embauchent des gens pour lire les mêmes rapports.

« La situation dans les urgences est un exemple patent. Chaque établissement doit remplir deux formulaires différents, un pour l’agence, l’autre pour le ministère. Il doit le faire chaque jour pour expliquer ce qui se passe dans leur urgence. Le projet de loi, non seulement maintient-il un tel dédoublement, mais il en ajoute. Quelle inefficacité! », a reproché Mme Maltais.

« La loi du dédoublement se poursuit. Alors que l’urgence dans le réseau public de santé est d’améliorer l’accès aux soins de santé pour la population, le ministre Bolduc refuse de s’attaquer de front aux enjeux des dédoublements et laisse croire que son projet de loi réglera les problèmes d’embonpoint du réseau de la santé. Il a raté la cible », a conclu Agnès Maltais.