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Communiqué - 18 août 2010

Le Parti Québécois exige que Shell soit convoquée en commission parlementaire et demande à la ministre Normandeau de refuser le démantèlement de la raffinerie

Québec – Le Parti Québécois somme la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, de ne pas autoriser à Shell le démantèlement de ses installations tant qu’un plan acceptable de transition de la pétrochimie à l’énergie propre n’est pas présenté aux Québécoises et Québécois. Pour ce faire, une demande de mandat d'initiative sera transmise aux membres de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles afin d'entendre les dirigeants de Shell Canada, de Suncor (Petro-Canada), des experts, des organismes et des citoyens concernant la sécurité des approvisionnements en produits pétroliers.

Selon la députée de Pointe-aux-Trembles, whip en chef de l’opposition officielle et porte-parole pour la Métropole, Nicole Léger, le gouvernement du Québec se doit d’intervenir dans le dossier plutôt que de laisser tomber des milliers de familles. « Les activités de la raffinerie Shell génèrent des retombées économiques de 240 millions de dollars. A-t-on les moyens actuellement de se priver de cet apport, de ces travailleurs haut salariés et de ces retombées sur la consommation au Québec? Si une autre pétrolière comme SUNCOR, sa voisine, fermait à cause de l’effet domino, a-t-on les moyens économiques d’y faire face? Autant de questions pertinentes à poser à un gouvernement qui fait supposément de l’économie et de l’indépendance énergétique ses priorités », a déclaré Nicole Léger.

L’indépendance énergétique : pas juste un slogan

Pour sa part, le député de Jonquière et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’énergie, Sylvain Gaudreault, croit que l’annonce de la fermeture de la raffinerie Shell de Montréal-Est démontre toute l’importance qu’un vaste débat sur l’indépendance énergétique du Québec ait lieu.

« La ministre Normandeau peut-elle nous démontrer, hors de tout doute, que la sécurité énergétique du Québec est assurée sans l’apport de Shell? Le gouvernement libéral n’a pas de plan de transition permettant de passer de la pétrochimie à l’énergie propre, ce qui rend le Québec dépendant des pétrolières d’ailleurs dans le monde. C’est une situation inquiétante et c’est pourquoi les parlementaires doivent se pencher sur la question très rapidement », a souligné Sylvain Gaudreault.

Quelles sont les conséquences environnementales?

De son côté, le député de L’Assomption et porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement, Scott McKay, est inquiet des conséquences environnementales de la transformation de la raffinerie Shell en terminal. « Est-ce que le gouvernement a l’intention d’autoriser la décontamination d’une seule partie du site ou sur l’ensemble du territoire appartenant à Shell? Le gouvernement n’a pas de crédibilité lorsqu’il prétend prendre le virage vert, car il accepte l’augmentation du nombre de bateaux transportant des hydrocarbures sur le fleuve. Que fera-t-on s’il y a une catastrophe de déversement sur le fleuve Saint-Laurent? », a mentionné Scott McKay.

L’opposition officielle exhorte donc la ministre Nathalie Normandeau à ne pas émettre de permis à Shell avant que la population du Québec puisse avoir des réponses satisfaisantes à ses questions. « La ministre Normandeau ne peut prendre cette décision derrière des portes closes. Le comportement de Shell, totalement inadmissible par ailleurs, fragilise la sécurité énergétique du Québec. L’enjeu est trop important pour tenir les citoyens, les travailleurs et les parlementaires dans le noir », a conclu Sylvain Gaudreault.

 

Qu'est-ce que l'indépendance énergétique?

Les combustibles fossiles comptent pour 51 % de la consommation totale d'énergie au Québec, surtout en raison de l'automobile, du camionnage et du chauffage. En 2008, le Québec a importé pour plus de 18 milliards $ de pétrole brut et de mazout, ce qui représente plus de 20 % de la valeur de toutes les importations de l'année. La deuxième marchandise la plus importée au Québec a aussi un lien direct avec le pétrole. Les véhicules et pièces automobiles représentaient en 2008 plus de 1,4 milliard $ d'importations. Cela coûte cher à l’État québécois.

L'indépendance énergétique d’un pays, c'est sa capacité à développer lui-même les moyens nécessaires à la satisfaction de ses besoins en énergie. Il faut développer nos ressources naturelles, le savoir et la créativité. Nous devons ultimement viser l’autosuffisance!

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