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Communiqué - 1er octobre 2010

Gaz de schiste : un moratoire est plus que jamais nécessaire

Québec – « Un moratoire est plus que jamais nécessaire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Il serait irresponsable de se lancer tête première dans le développement de cette filière sans avoir préalablement accordé au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) et à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) toutes les ressources et tout le temps nécessaires pour évaluer les impacts environnementaux et ceux sur la santé de la population. Donnons-nous le temps de faire ces évaluations et ensuite, avec la population, prenons les décisions qui s’imposent ».

C’est ce qu’a déclaré le député de L’Assomption et porte-parole de l’opposition officielle en matière de mines, Scott McKay, après une interpellation tenue aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Notons que cette interpellation visait un échange avec la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau. Cette dernière n’a toutefois pas daigné se présenter.

Pour l’opposition officielle, en refusant d’écouter la population légitimement inquiète et avec ses mauvaises décisions, le gouvernement libéral met en péril la filière des gaz de schiste. « Toute la semaine, les ministres Pierre Arcand et Nathalie Normandeau, de même que le premier ministre Jean Charest, ont soutenu rencontrer tout le monde concerné par cet important enjeu. Rien n’est plus faux: les seules personnes rencontrées sont les représentants de l’industrie dans des salons privés. Aucun représentant du gouvernement n’a fait acte de présence lors des rencontres avec les citoyens », a déploré M. McKay.

Le ministre Arcand décrédibilise délibérément le BAPE

Pour sa part, la députée de Vachon et porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable, d’environnement et de parcs, Martine Ouellet, estime que le ministre Arcand entache la crédibilité du BAPE avec un mandat aussi restreint. « La population a le droit d’avoir l’heure juste sur les impacts environnementaux. On ne peut pas faire un débat sérieux avec à peine quatre mois de travaux, sans études indépendantes. C’est rire du monde », a insisté la députée, stupéfaite que le ministre Arcand ait abdiqué son rôle de protecteur de l’environnement.

Mme Ouellet reproche au ministre Pierre Arcand son insensibilité et son incapacité à rassurer les citoyens et les municipalités qui sont inquiets des produits utilisés par l’industrie pour ses activités de forage. « Quand des municipalités décident de fermer la porte de leurs usines de traitement aux eaux usées provenant des activités de forage parce qu’elles ne connaissent pas ce qu’elles contiennent, c’est un signe évident qu’il y a un problème et qu’il est majeur », a poursuivi Martine Ouellet.

La députée de Vachon note par ailleurs que le ministre Arcand n’a pas d’études à l’effet que l’exploitation des gaz de schiste allait réduire nos émissions de gaz à effet de serre, une affirmation questionnable de sa collègue Nathalie Normandeau qu’il a aussi endossée.

Les contradictions de Nathalie Normandeau

De son côté, le député de Jonquière et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’énergie, Sylvain Gaudreault, a relevé d’autres affirmations contradictoires de la ministre Nathalie Normandeau. « La ministre Normandeau soutient que la décision d’aller de l’avant avec les gaz de schiste a été prise dans la Stratégie énergétique 2006-2015. Si elle prenait la peine de lire les 138 pages, elle remarquerait que le terme gaz de schiste n’est inscrit nulle part dans ce document! C’est indécent de vouloir manipuler ainsi la vérité. Les citoyens sont non seulement inquiets, ils sont en colère et ils ont raison de l’être », a souligné Sylvain Gaudreault.

L’autre contradiction flagrante de Mme Normandeau concerne sa décision d’interdire l’exploration et l’exploitation dans l’estuaire du Saint-Laurent. « Pour prendre sa décision, la ministre pouvait compter sur des études détaillées à la suite de travaux qui se sont échelonnés sur plus de 18 mois. Pourquoi n’applique-t-elle pas la même rigueur avec les gaz de schiste quand, de l’aveu de son collègue Pierre Arcand, le Québec s’y connaît trop peu? », s’interroge le député de Jonquière.

Une proximité dérangeante entre l’industrie et les libéraux

Les députés ont tenu à rappeler que plusieurs libéraux notoires gravitent autour de cette industrie. « Ces personnes de la famille libérale ont gravité et gravitent toujours dans les coulisses du pouvoir. Elles ont un accès privilégié aux décideurs, aux élus et aux informations stratégiques, ce à quoi la population n’a pas droit », a dénoncé Sylvain Gaudreault.

Le gouvernement Charest/Normandeau veut une exploration et une exploitation à rabais

« La ministre Normandeau ne cesse de répéter qu’elle veut s’inspirer de la Colombie-Britannique pour développer cette nouvelle filière. Or, cette dernière a engrangé plus de 1,5 milliard de dollars en deux ans pour la vente de ses permis d’exploration alors que le Québec n’a récolté jusqu’à présent que des miettes. Comme si ce n’était pas suffisant, le gouvernement libéral a même accordé un congé de redevances aux compagnies gazières dans son budget 2009-2010! Avec un tel rabais, comment le Québec et les Québécois pourraient s’enrichir? », s’interroge Scott McKay.

Ce matin, à l’occasion de l’interpellation à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Environnement a refusé de s’engager à ne pas reconduire le congé de redevances. Le gouvernement libéral ouvre donc la porte à une exploitation à rabais d’une ressource qui appartient aux Québécois. « On se croirait à l’ère Duplessis! Le Parti Québécois souhaite que, si collectivement nous décidons d’exploiter cette richesse, cela se fasse au bénéfice de tous les Québécois et non des intérêts particuliers de quelques compagnies privées », ont conclu les députés.