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Communiqué - 29 octobre 2010

Dossier de santé du Québec : un autre fiasco libéral qui ressemble au CHUM - Les 418 millions de dollars ont-ils été investis en pure perte?

Québec – « Depuis quatre ans, le gouvernement libéral a accordé pour plus de 418 millions de dollars de contrats dans le projet du Dossier de santé du Québec (DSQ). Or, seulement huit pharmacies et trois cliniques médicales, dans une seule région, participent au DSQ. La cible fixée par le ministère de la Santé est loin d’être atteinte. La pérennité des investissements dans le DSQ est donc en danger ».

C’est ce qu’a déclaré la députée de Taschereau et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Agnès Maltais, à la suite d’un débat de deux heures qui a eu lieu ce matin à l’Assemblée nationale avec le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.

Elle a mis en lumière que, par le biais du Vérificateur général du Québec il y a un peu plus d’un an, on apprenait que le ministère de la Santé et des Services sociaux s’était fixé une cible minimale d’utilisateurs pour assurer la pérennité des investissements. Le ministère jugeait essentiel d’atteindre, d’ici décembre 2010, 5500 utilisateurs (médecins, pharmaciens, infirmières) du DSQ, et ce, répartis dans cinq à huit régions du Québec.

Un échéancier qui s’étire constamment

Depuis le lancement du projet du DSQ par le premier ministre Jean Charest en avril 2006, on nous promet que tout sera fonctionnel partout au Québec en 2010. Or, nous savons maintenant que le projet ne pourra pas être complètement fonctionnel dans toutes les régions du Québec avant 2015.

« Cinq ans de retard, cinq ans d’attente. Quand on sait que 25 % des Québécois n’ont pas accès à un médecin de famille et que le DSQ permettrait aux médecins de traiter 20 % de plus de cas, on constate que le gouvernement libéral n’est pas pressé d’améliorer la performance de notre système de santé. Nous avons cruellement besoin des bénéfices de l’informatisation des dossiers des patients du Québec », a ajouté Mme Maltais.

Des estimations de coûts non crédibles

La députée de Taschereau rappelle que le coût prévu à l’origine était de 563 millions de dollars pour ce projet qui se développerait et se déploierait sur une période de quatre ans entre 2006 et 2010. Or, en prolongeant l’échéancier pour un autre cinq ans, il est clair aux yeux de tout le monde que cette balise budgétaire ne tient plus la route.

« Manifestement, le ministre Bolduc a oublié un concept de base qui s’appelle l’inflation. Lorsque l’échéancier s’étire, l’inflation fait son œuvre. De plus, les consultants qui se succèdent et qui oeuvrent au bureau du DSQ doivent être payés. On croirait revivre la saga du CHUM. Des échéanciers qui s’étirent, des estimations de coûts non crédibles du gouvernement. Les citoyens attendent toujours des résultats », a poursuivi Mme Maltais.

« L’incapacité du ministre Bolduc à livrer des résultats inquiète plusieurs intervenants du réseau de la santé. Le DSQ devait révolutionner nos pratiques. L’informatisation est la voie d’avenir, mais à voir comment l’actuel ministre traite cet échec, avec tant de désinvolture, c’est inquiétant pour la suite des choses », a conclu Agnès Maltais.