Communiqué - 20 décembre 2010
Montréal - « Le refus de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) de financer une partie du budget de remplacement, d'amélioration et de modernisation des offices municipaux d'habitation (OMH) pour 2011 place plusieurs organismes dans une situation financière très délicate. Cela veut dire que des travaux déjà planifiés pour la prochaine année ne pourront pas être réalisés dans plusieurs HLM et que des milliers de locataires continueront à attendre que l'on vienne rénover leur logement », a déclaré le député de Gouin, Nicolas Girard.
La Société d'habitation du Québec (SHQ) a récemment avisé les offices municipaux d'habitation des neuf villes-centres, Montréal, Québec, Longueuil, Laval, Trois-Rivières, Sherbrooke, Lévis, Saguenay et Gatineau, et l'administration Kativik, que le budget 2011 de remplacement, d'amélioration et de modernisation des OMH subirait des compressions de l'ordre de 30 %, soit environ 80 millions de dollars au total. Le budget planifié était en effet de 280 millions de dollars pour 2011, avant que la SCHL ne refuse de verser sa part pour combler le déficit d'entretien des immeubles. Au mieux, il n'y aura donc que 200 millions de dollars investis cette année.
« Le parc de HLM du Québec est constitué de 73 378 logements. Certains des bâtiments vieux de trente ans nécessitent des rénovations importantes. Pour l'OMH de Montréal seulement, ces compressions atteignent 20 millions de dollars et affecteront dix mille locataires qui vont parfois devoir continuer à vivre dans des logements avec de mauvaises fenêtres, dans des immeubles parfois non adaptés pour les personnes âgées ou handicapées ou encore attendre que l'on vienne réparer divers éléments de plomberie désuets », a poursuivi la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier.
« Dans le deuxième tome de son rapport, le Vérificateur général du Québec dressait un portrait peu reluisant de la SHQ et pointait du doigt de nombreux dysfonctionnements et autres déficiences dans la façon dont la SHQ gérait ses programmes. Est-ce que cela a eu une influence sur la décision de la SCHL de ne pas verser sa part pour combler le déficit d'entretien des immeubles pour 2011? Il n'en demeure pas moins que ces compressions budgétaires ont un impact important », a ajouté Carole Poirier.
« Un exemple concret des conséquences de ces compressions budgétaires est celui des Habitations Crémazie où les locataires, des personnes très âgées pour la plupart, ont dû être déplacés dans d'autres HLM un peu partout à travers la ville de Montréal. Leur immeuble a dû être évacué pour y effectuer des travaux majeurs de maçonnerie. On prévoyait que la durée du chantier serait d'un an et demi à deux ans. Les locataires déjà très fragilisés par ces déménagements forcés craignent maintenant des délais supplémentaires. Que répond le ministre Laurent Lessard aux locataires des Habitations Crémazie? Peut-il les rassurer et leur dire quand ils pourront réintégrer leur logement », a ajouté la députée de Crémazie et porte-parole de l'opposition officielle pour les aînés, Lisette Lapointe.
« Alors que la SCHL nage dans les surplus depuis des années, pourquoi le gouvernement du Québec est-il incapable d'obtenir de cet organisme fédéral les 80 millions de dollars qui manquent au budget d'entretien des immeubles HLM pour 2011? Qu'attend le ministre Lessard pour conclure une entente afin que le fédéral verse enfin sa part comme pour 2009 et 2010? Pourquoi ce retrait maintenant? Qui n'a pas respecté son engagement, la SHQ ou la SCHL? Que le ministre Lessard réponde à cette question! », a conclu le député de Marie-Victorin et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes, Bernard Drainville.