Communiqué - 17 mars 2011
Québec – « Alors qu’on nous promettait un contrôle serré des dépenses, voilà qu’on apprend que les dépenses publiques explosent et que la répartition de l’effort entre le gouvernement et les contribuables a été inversée. Le gouvernement nous promettait de faire 62 % de l’effort contre 38 % pour les contribuables, c’est plutôt l’inverse qu’on observe : les contribuables supportent 59 % de l’effort contre 41% pour le gouvernement. Pire, le déficit prévu pour l’exercice financier qui débute sera pratiquement de 1 milliard de dollars plus élevé que prévu. Jean Charest a menti aux Québécois. C’est honteux ».
C’est ce qu’a déclaré le député de Rousseau et porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques, Nicolas Marceau, aux côtés du député de Richelieu et porte-parole en matière de Conseil du trésor, Sylvain Simard, après avoir pris connaissance des documents budgétaires 2011-2012.
Le constat est troublant : alors que le gouvernement prévoyait une croissance des dépenses de programmes de 2,8 %, ces dépenses augmenteront plutôt de 3,7 %, soit 1,35 milliard de dollars de plus que prévu. En incluant toutes les dépenses, y compris le service de la dette, la croissance des dépenses consolidées atteindra 4,1 % pour l’année 2011-2012. En 2010-2011, cette croissance était de 5,7 %.
« Raymond Bachand et Michelle Courchesne ont failli à la tâche et n’ont pas respecté leur engagement. Le dérapage des dépenses est spectaculaire. Le service de la dette, troisième poste de dépenses après la santé et l’éducation, est monstrueusement élevé, résultat d’une dette totalement hors de contrôle et en hausse de 10 milliards de dollars par année », a déclaré Nicolas Marceau.
Effort gouvernemental de 62 % : une fraude intellectuelle
Pour l’année qui débute, alors que les libéraux promettaient que l’effort gouvernemental pour atteindre l’équilibre budgétaire serait de 62 % et celui des contribuables de 38 %, l’analyse des documents budgétaires montre que c’est l’inverse. « Pour l’année à venir, ce sont les Québécois qui vont assumer la plus grosse part avec 59 % par le biais de multiples hausses de cotisations, de tarifs, de taxes de toutes sortes. Raymond Bachand n’a pas respecté sa part du contrat, ses propres documents budgétaires le trahissent », a ajouté le député de Rousseau.
Quelques chiffres : données et graphique.
Un budget dénué de toute vision économique
Alors que le ministre Bachand revoit lui-même ses prévisions économiques à la baisse pour 2011 et 2012, il est désolant de constater que le budget 2011-2012 est un des énoncés les plus faibles jamais vus en matière de stimulation des investissements privés et de mesures visant l’augmentation de la productivité. Cette absence de vision économique, combinée à des hausses complètement insensées des frais de scolarité qui auront un effet à la baisse sur le taux de diplomation universitaire, ainsi qu’à une dette hors de contrôle, fait en sorte que le gouvernement libéral nous présente une recette infaillible pour appauvrir le Québec au cours des prochaines années.
Nouveau régime de redevances : un projet virtuel, pour plus tard
Le Parti Québécois se félicite de voir que le gouvernement libéral rend les armes et qu’il admet maintenant que le régime de redevances est désuet. « Ça fait des mois qu’on martèle que les Québécois doivent tirer au moins 50 % de la richesse créée par l’exploitation des hydrocarbures. Après avoir dénigré cette position, le gouvernement l’adopte. Tant mieux! Le problème, c’est qu’il le fait uniquement pour les gaz de schiste et repousse ce nouveau régime à plus tard. Les Québécois vont donc encore se faire flouer et voir des millions de dollars partir en fumée pour encore quelques années », a fait remarquer M. Marceau, qui se désole aussi de constater que le budget ne prévoit rien de nouveau pour que les Québécois aient l’assurance de tirer davantage profit de l’exploitation minière et pétrolière.
Régime de retraite : Raymond Bachand appuie l’idée du Parti Québécois
Le député de Rousseau s’est dit heureux que le ministre Bachand ait retenu la proposition du Parti Québécois visant à mettre en place un régime de retraite automatique avec droit de retrait. Toutefois, il constate que le ministre Bachand a déjà fait son lit et n’entend pas confier ce nouveau type de régime de retraite à la Caisse de dépôt et placement du Québec. « Il y a lieu de questionner la décision du ministre Bachand de ne pas confier ce mandat à la caisse. Est-ce un manque de confiance à la suite des pertes historiques de 40 milliards de dollars? », se questionne M. Marceau.
Il accuse aussi le ministre Bachand et son gouvernement d’avoir erré depuis 2004 en n’ajustant pas les cotisations pour assurer la pérennité du régime de rentes du Québec. « En tenant compte des pertes historiques de la caisse, les hausses de cotisations annoncées aujourd’hui reflètent bien l’incompétence libérale : le gouvernement Charest a fermé les yeux pendant sept ans sur le mur qui s’approche, allant même jusqu’à se placer dans une situation d’illégalité en ne respectant pas les lois du Québec », a reproché, de son côté, le député Sylvain Simard.
En doublant les frais de scolarité, les libéraux vont nuire à l’accessibilité
Le Parti Québécois dénonce la hausse vertigineuse des frais de scolarité, à raison de 325 $ par année pendant cinq ans, une hausse qui représentera 1625 $ à terme. « C’est un geste qui aura de lourdes conséquences sur l’accessibilité et qui se traduira par une réduction du nombre de diplômés universitaires. C’est scandaleux de voir le gouvernement libéral piger allégrement dans la poche des familles et des étudiants alors que le gouvernement permet que des dépenses irresponsables et injustifiées se poursuivent dans les universités », a ajouté Nicolas Marceau.
L’argument du gouvernement libéral qui s’engage à bonifier le programme de prêts et bourses est remis en doute par l’opposition officielle. « Il y a quelques semaines à peine, l’occasion a été donnée au gouvernement de bonifier le programme avec plusieurs millions de dollars provenant du gouvernement fédéral. La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a refusé de le faire. Pourquoi faudrait-il la croire aujourd’hui? », a demandé le député de Rousseau.
Création de 15 000 places en garderies : un engagement renié
Pour sa part, le député de Richelieu et porte-parole de l’opposition officielle en matière de Conseil du trésor, Sylvain Simard, a été étonné de lire noir sur blanc dans les documents budgétaires que le gouvernement libéral ne respectera pas l’engagement libéral de créer les 15 000 places promises lors de la dernière campagne électorale. « L’aveu du ministre Bachand est clair et officiel : les familles du Québec vont écoper et ont été trahies par le Parti libéral », a vigoureusement dénoncé Sylvain Simard.
La dette n’est toujours pas sous contrôle
Le budget 2011-2012 consacre un des pires éléments du bilan libéral des huit dernières années et met en lumière le fait que le premier ministre actuel est responsable à lui seul de 30 % de la dette du Québec. Le gouvernement libéral a ajouté près de 55 milliards de dollars à la dette du Québec au rythme actuel de 10 milliards de dollars par année. « Le bilan libéral en matière d’endettement est le pire de toute l’histoire du Québec et constitue l’héritage principal de Jean Charest pour les générations futures », a souligné Sylvain Simard.
Le contrôle des effectifs de la fonction publique et le non-remplacement d’un retraité sur deux constituent un échec lamentable. « Il y avait en 2010-2011 70 663 fonctionnaires, soit une baisse de neuf ETC sur l’année précédente. Rien n’indique que la situation puisse évoluer dans le bon sens », a affirmé le député de Richelieu.
En refusant de mener les batailles avec le fédéral, les Québécois écopent
Ce budget représente également l’abandon des multiples revendications et litiges avec le gouvernement fédéral. « Nous n’avons toujours rien obtenu de l’harmonisation des taxes et rien n’indique que la rencontre en catimini hier entre Jean Charest et Stephen Harper donnera des résultats. Pendant que le fédéral laisse tomber le Québec, avec la complicité de Jean Charest, les contribuables québécois écopent », a dénoncé Nicolas Marceau.
« Ce budget corrige certaines erreurs libérales des années dernières, illustre l’incapacité du gouvernement libéral de contrôler ses dépenses et d’obtenir son dû d’Ottawa et démontre que les pertes historiques de la Caisse de dépôt et placement font mal. Ce n’est pas en cachant la vérité aux Québécois, comme veut le faire encore une fois Raymond Bachand dans son budget, que le gouvernement libéral parviendra à rétablir le lien de confiance avec la population. Ce lien est réellement rompu », a conclu Nicolas Marceau.
En sortant du huis clos sur le budget, Nicolas Marceau et Pauline Marois ont réagi à chaud pour vous.
Écoutez en vidéos les réactions de Nicolas Marceau et Pauline Marois.
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