Communiqué - 19 mars 2009
Québec, le jeudi 19 mars 2009 – « Le budget présenté aujourd’hui par la ministre des Finances, Monique Jérôme‑Forget, est le pire des scénarios : le gouvernement Charest écrit un budget à l’encre rouge et ne propose rien de neuf, ne propose aucun plan musclé pour aider les Québécois à traverser la crise économique. Pire, ce budget est aussi un autre constat : les mensonges éhontés de Jean Charest qui avait promis en campagne électorale qu’il n’y aurait pas de déficit, aucune hausse de tarifs et aucune hausse de la TVQ. Le gouvernement Charest use de sa tactique habituelle en cachant aux Québécois la vérité. Cette fois-ci, c’est pour près de 4 milliards $ de tarifs encore inconnus. »
C’est ce qu’a déclaré le député de Rousseau et porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique et de finances, François Legault, à la lecture des documents budgétaires présentés aujourd’hui par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.
M. Legault dénonce le piètre effort du gouvernement Charest dans ce budget pour relancer l’économie. « La ministre Jérôme-Forget comptabilise encore l’argent annoncé en 2007 pour le plan des infrastructures élaboré à la suite de l’effondrement d’un viaduc. Pire encore, la ministre des Finances reprend l’argent des autres à son compte comme celui du Fonds de la FTQ, de la Caisse de dépôt et placement et même celui du gouvernement fédéral ! C’est honteux. Dans les faits, l’effort supplémentaire du gouvernement Charest atteint à peine 242 millions $ cette année. Le plan Charest, c’est à peine 1/10 de 1 % du PIB. On est très loin du plan Obama », a soutenu M. Legault, remarquant que le budget repose sur une prévision de recul de l’économie de 1,2 % alors que les données les plus récentes prévoient plutôt un recul de 1,7 %.
Pour François Legault, le gouvernement rate la cible puisqu’il aurait fallu un investissement majeur en éducation, notamment pour lutter efficacement contre le décrochage scolaire, pour la formation de la main-d’œuvre et pour améliorer la compétitivité de nos cégeps et de nos universités. Or, tout ce que le gouvernement fait, c’est un copier-coller avec le budget de l’an dernier. M. Legault se dit extrêmement déçu que la ministre des Finances n’ait pas retenu ce qu’il lui avait proposé lors de leur rencontre, soit de développer une fiscalité qui encourage l’investissement des entreprises pour augmenter notre productivité. Par ailleurs, le député s’inquiète qu’il n’y ait rien dans ce budget pour aider les familles à faible revenu à traverser la crise. Le secteur forestier ne pourra certainement pas se relever avec un maigre 65 millions $ sur deux ans.
« Si au moins Jean Charest avait défendu correctement les Québécois à Ottawa, le déficit serait moindre et les Québécois pourraient espérer mieux pour traverser la crise », a poursuivi François Legault.
« Ce qui doit être gênant pour le gouvernement Charest, c’est qu’il devra modifier au moins deux lois pour rendre légal son budget, celle sur l’équilibre budgétaire et celle concernant le Fonds des générations. Pour Jean Charest, c’est aussi un puissant aveu d’échec que révèle le budget aujourd’hui : le ministère des Finances prévoit que, sous son règne, la dette du Québec aura doublé ; 20 milliards $ uniquement pour les deux prochaines années », a ajouté François Legault.
Par ailleurs, le Parti Québécois remarque que l’impact des pertes de la Caisse de dépôt et placement du Québec est considérable. « Lorsque Monique Jérôme-Forget cherche à se laver les mains des pertes de la Caisse, elle cache le fait que son budget prévoit une hausse de 595 millions $ par année du service de la dette uniquement pour combler les pertes de la Caisse. C’est trois fois le budget du ministère de l’Environnement ! La question qui se pose maintenant : que va-t-elle faire pour éviter que cela se reproduise ? », se questionne François Legault.
Le budget de l’emploi : un mythe
De son côté, le député de Richelieu et porte-parole pour le Conseil du trésor, Sylvain Simard, se dit inquiet de certains choix faits par le gouvernement dans son budget de dépenses. « Le gouvernement Charest prétend vouloir faire de l’emploi sa priorité : comment pourra-t-il aider adéquatement les Québécois qui vivront un licenciement ou une perte d’emploi s’il réduit le financement des mesures d’aide à l’emploi de 40 millions $ et supprime 152 postes à Emploi‑Québec ? », se demande Sylvain Simard.
Il s’inquiète par ailleurs du silence de la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon‑Tremblay, sur la situation financière très particulière de la Financière agricole du Québec. « La Financière agricole est en faillite technique et le gouvernement Charest fait de l’aveuglément volontaire », a poursuivi le député de Richelieu. Il note par ailleurs que la ministre Gagnon-Tremblay se dote, à l’instar du gouvernement conservateur, d’une petite caisse spéciale qui atteint cette année 900 millions $. « Il faudra être extrêmement vigilant sur la méthode que la présidente du Conseil du trésor entend se servir du Fonds de suppléance qui atteint un niveau inégalé », a-t-il ajouté.
« Le gouvernement de Jean Charest poursuit son œuvre de pelletage par en avant. Il faudra bien, un jour, dire la vérité aux Québécois. Ce n’est certainement pas en déplaçant des sentiers de motoneige, comme entend le faire le gouvernement, que l’on va relancer l’économie du Québec », a conclu François Legault.
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Éric Gamache
Attaché de presse
Aile parlementaire du Parti Québécois
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